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Pesticides: des concentrations records d'herbicide près de La Rochelle

Alors que plusieurs enfants de la région de La Rochelle ont été touchés par des cancers, les parents, inquiets, avaient réclamé et obtenu des mesures de qualité de l'air qui viennent d'être publiées. Des concentrations records ont été relevées pour un herbicide: le prosulfocarbe.

C'est un cri d'alarme qu'avaient poussé plusieurs parents dans la plaine d'Aunis, près de La Rochelle. Dans la commune de Saint-Rogatien, des enfants étaient tombés malades du cancer. A tel point qu'en 2019, la Ligue contre le cancer avait même mené une étude et reconnu qu'il y avait pour certaines communes un "excès de risque".

Depuis, les parents se battent pour comprendre. Ils s'interrogent sur l'air qu'ils respirent et l'eau qu'ils boivent. Ils avaient obtenu la mise en place de mesures de qualité de l'air qui viennent d'être publiées. Conclusion, une augmentation du nombre de molécules retrouvées dans l'air, 41 en 2021 contre 33 en 2020. Mais aussi des concentrations records, encore jamais vues en France, pour un herbicide: le prosulfocarbe. Franck Rinchet Girollet fait partie des parents qui ont créé l'association Avenir Santé Environnement. Son fils a souffert d'un cancer à l'âge de 2 ans.

“Il y a des produits très dangereux, classés cancérigènes, qui se retrouvent dans l’eau, dans le sol et dans l’air. Du coup, ça nous inquiète grandement. Je me dis que chaque fois que mon fils sort, il risque d’être exposé à certains produits auxquels il ne devrait pas être exposé. Tout le monde nous dit, il y a d’autres pollutions qui existent, mais ce n’est pas un choix de respirer l’air qu’il respire. L’air devrait être sain et il ne devrait pas y avoir ces produits-là”, estime-t-il.

A la suite de l'a publication de l'étude d'Atmo Nouvelle Aquitaine, l'agglomération de La Rochelle a immédiatement adopté une motion, dans laquelle elle demande officiellement au gouvernement une "interdiction immédiate" du prosulfocarbe et une "sortie effective des pesticides". Pour Marc Maigné, en charge des questions de santé publique au sein de l'agglomération de La Rochelle, le gouvernement devra réagir.

“Je suis inquiet en tant qu’élu et en tant que médecin. Les conclusions que j’en tire, c’est qu’il faut, si ce n’est stopper complètement l’utilisation de ces pesticides, en tout cas limiter au maximum leur utilisation. Ce qui n’est pas normal, c’est qu’on ait des concentrations de prosulfocarbe qui soient tellement supérieures à ce qu’on peut trouver ailleurs en France. Il faudra bien qu’à un moment, l’Assemblée nationale légifère, mais en attendant, je peux vous garantir qu’on va agir au niveau local. Il faut vraiment qu’on arrive à stopper ce phénomène. Les taux sont tellement élevés qu’il n’y a plus de discussions”, assure-t-il.

De son côté, le ministère de l’Agriculture, contacté par RMC, indique qu’il “prend en compte le rapport" et qu’un "travail d'analyse démarre avec la préfecture, les services du ministère et les autorités compétentes".  

Marie Dupin et Joanna Chabas avec Guillaume Descours