RMC

Plan pour sauver l'automobile en France: "Oui à l'aide aux véhicules électriques mais ils ne représentent que 5% des ventes"

Un plan très attendu pour les petites concessions très en difficulté. Pendant le confinement, les ventes du secteur automobile se sont effondrées de 89% en avril.

Le plan de relance de la filière automobile doit être présenté par Emmanuel Macron en personne mardi. Le secteur qui a vu chuter les immatriculations de 48% ces 4 derniers mois et jusqu'à 89% pour le seul mois d'avril, pourrait licencier jusqu'à 50 000 personnes d'ici à la fin de l'année selon le le CNPA (Comité national des professionnels de l'automobile). Ce plan est très attendu du côté des petites concessions qui ont peur de ne pas rattraper le temps (et l'argent) perdu.

Masque sur le nez, Florian, accueille enfin de nouveaux clients. Depuis la réouverture le 11 mai, ils sont petit à petit revenus avec l'envie d'acheter. Une nouvelle rassurante pour le chef des ventes d'une concession de Pontoise dans le Val-d'Oise:

"On est a peu près à une trentaine de vente. On s'attendait à pire, on pensait faire uniquement des livraisons. On s'aperçoit que les clients qui ont du réfléchir pendant le confinement ont des vrais projets. Le passage qui vient, c'est vraiment le client acheteur".

"On pense perdre plus de trois millions d'euros cette année"

Mais c'est loin de rattraper la période de confinement, pendant laquelle les ventes ont été divisées par deux. Pour le patron de la concession, Pierre Jallu-Berthier, cela va avoir les conséquences sur le long terme:

"On pense perdre plus de trois millions d'euros cette année. Il y a des contrats qu'on ne va pas renouveler, des jeunes que l'on voulait embaucher qu'on ne va peut être pas pouvoir garder et on s'attend à une réduction des effectifs de 10%

Pour faire face à cette crise de l'automobile, le gouvernement a prévu d'augmenter le plafond du bonus écologique, mais aussi les aides à l'achat pour les voitures thermiques. Ce qui est indispensable pour Francis Bartholomé, président du Conseil national des professions automobiles:

"Nous sommes favorables à l'aide aux véhicules électriques mais ceux-ci ne représentent que 5 % des ventes. Pour que le plan soit efficace, il faut que l'ensemble des volumes disponibles aujourd'hui, essentiellement thermiques, puissent en profiter pour redonner un dynamisme au marché".
Camille Schmitt et Mahauld Becker-Granier (avec Guillaume Dussourt)