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Pour les soignants volontaires aux Antilles, "il va falloir donner le meilleur de soi-même"

Partis en renfort aux Antilles, les soignants volontaires sont arrivés dans des hôpitaux totalement saturés où ils ont appris leur affectation, une fois sur place.

Se porter volontaire pour aider les hôpitaux saturés aux Antilles, Camille Pichon, infirmière à Lorient, n’a pas hésité une seule seconde.

"C'est vrai que ça fait toujours plaisir d'avoir du renfort dans les équipes. Il y a un besoin d'être solidaire, de rendre service aux collègues qui travaillent dans des conditions très dures."

Comme 239 autres soignants, elle a répondu à l’appel à la solidarité lancé par Olivier Véran le week-end dernier, dont le recrutement s’est fait en moins de 48h. Parmi eux, des médecins, mais aussi des urgentistes, des aides-soignants et une grande majorité d’infirmiers.

Arrivée aux Antilles dans la nuit de mardi à mercredi, Camille Pichon a découvert son programme et son affectation qu’une fois sur place.

"Je vais à la clinique de Saint-Paul en Guadeloupe pour la mise en place d’un service continu post-réanimation. On va commencer par mettre le matériel, pour après accueillir les patients afin de désengorger le service de réanimation."

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Des renforts suffisants ?

Dans les hôpitaux, cette aide est bienvenue alors que la situation sanitaire se dégrade d’heure en heure. Sur l'île, le taux d’incidence atteint plus de 1.700 malades pour 100.000 habitants, quand en Martinique, il monte à 1.200. Du jamais vu, même au plus fort de l’épidémie en France.

"La situation est claire : ils sont dans une état très critique, admet Camille Pichon. Les services sont submergés, il va falloir donner le meilleur de soi-même."

Malgré cela, les chefs d’hôpitaux sur place restent pessimistes pour la suite.

"Les renforts qui arrivent de métropole sont déjà des renforts énormes mais malheureusement, on se prépare à devoir encore augmenter notre capacité pour accueillir les patients Covid, prévient Benjamin Garel, directeur du CHU de Martinique. On fait tout ce qu’on peut pour ne pas impacter les autres prises en charge."

Chaque semaine, plus d’1% de la population de ces deux départements tombe malade, s’inquiète un conseiller du gouvernement.

La rédaction de RMC