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"Y-a-t-il des clusters à proposer?": ces Français préfèrent attraper le Covid-19 au vaccin

Prêts à tout pour obtenir leur pass sanitaire, ces réfractaires à la vaccination cherchent à attraper le Covid-19.

Il y a quelques jours sur les réseaux sociaux, Gildas fait une demande surprenante : "Je veux avoir le Covid-19, y-a-t-il des clusters à proposer ?" Peu convaincu par la vaccination, il ne s’en cache pas : il préfère attraper le coronavirus que de se faire vacciner.

"Je demandais s’il y avait des gens qui avaient des tuyaux de clusters, du genre des rave party. S’il y a des tuyaux comme ça, j’y vais direct."

Alors que le pass sanitaire devient obligatoire dans de nombreux lieux en France, ces jeunes de moins de 30 ans assument partir à la chasse du Covid-19. En bonne santé, ils considèrent le risque de développer une forme grave faible, au vu du bénéfice qu'ils en tirent. Car attraper le virus permet de bénéficier après l’infection d’un certificat de rétablissement, valable six mois.

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Des comportements "dangereux"

Persuadé lui aussi d’être protégé par son âge, Arthur, 23 ans, a déjà été contaminé en mars dernier et cherche des malades cet été.

"Moi j’ai eu le Covid et aucun symptôme. Si je l’ai une seconde fois, même une forme un peu plus grave et que ça peut prévaloir sur les problèmes du vaccin, je préfère aller directement chercher le Covid chez quelqu’un et avoir un temps d’incubation où je ne contaminerai personne. C’est un mal pour un bien."

Des comportements "dangereux" qui inquiète Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille.

"Il existe des formes graves chez des sujets qui ont l’air en bonne santé et qui sont d’âge relativement jeune", prévient-il avant d’ajouter : "Vous avez une fois sur trois des symptômes qui persistent. Ensuite, pendant un certain temps vous aller contaminer d’autres personnes qui, elles, n’ont absolument pas envie de se faire contaminer et préféreraient se faire vacciner."

Même constat pour Patrick Dehail, conseiller à l'ARS de Nouvelle-Aquitaine, qui déplore au micro des Grandes Gueules une "stratégie dangereuse et hasardeuse".

"Nous espérons que c’est une attitude marginale. Heureusement, elle ne prend pas le pas dans la démarche vaccinale des jeunes. Il y a beaucoup plus d’hésitants que d’anti-vaccin", assure-t-il.

Dans la région du Sud-Ouest, 50% des 12-17 ans et 79% 18-39 ans ont reçu une première dose. Pour Patrick Dehail, "ce sont des chiffres qui montrent qu’on en progression et pas en train de stagner."

Selon Santé Publique France, l'âge moyen des personnes hospitalisées, désormais à 57 ans, continue de baisser pendant cette 4ème vague.

Aymeric Dantreuille (avec LC)