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"Pourquoi je propose d'allonger le délai d'IVG à 14 semaines": la députée Albane Gaillot était sur RMC

Albane Gaillot, élue écologiste ex-LREM, rédactrice de cette proposition de loi espère qu'elle sera enfin votée. Elle répondait aux questions d'Apolline de Malherbe.

L'allongement du délai légal de 12 à 14 semaines pour pouvoir pratiquer une interruption volontaire de grossesse (IVG) est à nouveau examiné à l'Assemblée nationale à partir d'aujourd'hui.

Ce texte doit être examiné en deuxieme lecture, après de nombreux reports. La proposition de loi avait été adoptée en première lecture à l'Assemblée en octobre 2020. Le Sénat, dominé par la droite, avait ensuite rejeté le texte. La deuxième lecture, à l'Assemblée nationale, avait ensuite capoté en février 2021, face à de nombreux amendements LR. 

Le comité consultatif national d'éthique a donné son feu vert et lors de son examen en commission, le texte a été amendé sur une autre de ses mesures controversées: la clause spécifique de conscience. Celle-ci permet à un médecin au nom de ses convictions de refuser de pratiquer une IVG. Au lieu de supprimer la clause, comme prévu initialement, "on maintient cette possibilité mais on oblige le médecin à réorienter la patiente", relève Mme Muschotti. 

"L'avortement fait partie de la vie des femmes"

Une tribune parue dans le Journal du Dimanche a rassemblé 160 personnalités, politiques, professionnelles ou associatives pour appeler les parlementaires à voter ce texte: "L'avortement n'est pas une exception, une erreur de parcours ou un échec. Il fait partie de la vie des femmes". Chaque année, 210.000 avortements sont ainsi réalisés en France.

C'est avec ces mots que débute ce texte en faveur d'une meilleur prise en charge de l'avortement: les signataires déplorent plusieurs obstacles. D'abord, le manque de professionnels autorisés à pratiquer l'interruption volontaire de grossesse et ensuite le délai, trop court pour y avoir accès dans de bonnes conditions.

'Les professionnels de santé doivent s'engager"

Elles s'engagent donc en faveur des mesures de la proposition de loi, et notamment allonger ce délai de 12 à 14 semaines. Mais aussi de permettre aux sages femmes de pratiquer les IVG chirurgicales et que les professionnels de santé qui refusent de pratiquer l'avortement aient l'obligation d'orienter la patiente vers une structure qui l'accepte.

Le texte de loi a été préparé par la députée écologiste Albane Gaillot (ex-LREM). Sur RMC, ce lundi matin, elle l'a défendu face à Apolline de Malherbe, "soutenue par le président de la majorité",; Christophe Castaner:

"En France, une femme sur 3 aura recours à l'IVG dans sa vie. 8 femmes par jour partent à l'étranger pour avorter. C'est une vraie inégalité sociale. Aujourd'hui, les délais sont trop courts: je propose d'allonger le délai à 14 semaines (...) Je propose également de permettre aux sages-femmes de pratiquer des IVG instrumentales. (...) Je propose de modifier la clause de conscience des médecins en obligation pour orienter la femme vers un confrère qui pratique l’avortement. Il faut améliorer les conditions d'avortement pour que toutes les femmes puissent le faire: les professionnels de santé doivent s'engager" a-t-elle plaidé.

Selon un sondage Kandar, plus de 80% des Français sont favorables à l'allongement du délai pour l'IVG.

Alors que plusieurs de nos voisins européens appliquent un délai légal de 16 semaines, entre 1500 et 2000 femmes partent chaque année avorter à l'étranger, principalement aux Pays-Bas, en Espagne et au Royaume-Uni, parce qu'elles ont dépassé le délai légal en France, selon un rapport du Comité Consultatif National d'Ethique (CNNE) paru à l'automne 2020. 

Garance Munoz et X.A