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Procès en appel du Mediator: "Je n’attends qu’une chose, que le laboratoire Servier soit condamné"

Le procès en appel du Mediator s'ouvre à Paris, ce lundi. Ce médicament antidiabétique provoquait de graves lésions des valves cardiaques. En première instance, le laboratoire Servier avait été condamné à 2,7 millions d'euros d'amende pour homicides involontaires et tromperie aggravée.

Le procès en appel du Mediator s’ouvre ce lundi à Paris pour une durée de six mois. Ce médicament antidiabétique, utilisé comme coupe-faim, qui provoquait de graves lésions des valves cardiaques et de l'hypertension artérielle pulmonaire, a été commercialisé pendant des années malgré de nombreuses alertes.

Les laboratoires Servier, fabricants du Mediator, avaient été condamnés en première instance à 2,7 millions d'euros d'amende pour homicides involontaires et tromperie aggravée. L'ex-numéro deux du groupe Jean-Philippe Seta avait lui été condamné à quatre ans de prison avec sursis ainsi qu’à une amende de 90.600 euros. Ils seront donc rejugés pour l'ensemble de ces faits dans un procès hors normes.

Mais ce nouveau procès est une nouvelle épreuve pour les victimes directes. Michel Due, bientôt 80 ans, victime du Mediator, a du mal à se déplacer, mais il compte bien retourner à la barre pour témoigner au procès en appel.

“Je parle pour tout le monde. Je ne suis pas tout seul hein, on est 6.500 esquintés, si ce n’est plus", confie-t-il.

"Je veux qu'ils payent"

Près de 2.000 patients sont morts. Michel Due se considère comme un rescapé. Il a pris du Mediator pour traiter son diabète pendant près de sept ans, jusqu'au retrait du médicament du marché en 2009. Sa santé n'a fait que se dégrader.

“Opération du cœur à cœur ouvert... J’ai une prothèse mécanique. Maintenant, j’ai un pacemaker. Tout ça à cause de ce médicament. Il m’a handicapé à vie. Maintenant, ma vie est finie, je n’attends qu’une seule chose, que le laboratoire Servier soit condamné. Moi, je veux qu’il y ait des années de prison, je veux qu’ils payent”, appuie-t-il.

Dans son portefeuille, il conserve précieusement une coupure de presse sur Irène Frachon, la pneumologue qui a révélé le scandale du Mediator. Rangée à côté de la photo d'une de ses petites filles.

Marion Dubreuil avec Guillaume Descours