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Révélations sur le Pr. Didier Raoult : "Parmi les gens qui l'adulent, il y a l'élite française, comme Bernard Arnault"

Dans un livre-enquête "Didier Raoult: une folie française",  Ariane Chemin et Marie-France Etchegoin ont enquêté sur ce personnage clivant qui aura marqué la crise du coronavirus par ses prises de positions en France.

Son nom, son physique resteront associés à la crise du coronavirus. Le professeur Raoult est le sujet d’un livre que publient les journalistes du Monde et de Elle, Ariane Chemin et Marie-France Etchegoin, qui s’intitule "Didier Raoult: une folie française".

Dans ce livre, elles reviennent sur ce personnage, scientifique reconnu, qui est finalement devenu de par ses prises de position contestées et son sens de la punchline, un objet de clivage en pleine crise sanitaire. Même si on en parle moins depuis quelques moi, il reste le symbole des frictions qu’a pu provoquer cette épidémie”.

“Je ne sais pas si c’est fini encore. En tout cas, c’est vrai qu’il n’est plus au sommet comme il y a un an. Il faut se souvenir que cette épidémie arrive et que tout à coup quelqu’un se lève en France, à Marseille, et qui dit ‘j’ai le traitement miracle’. Nous ce qui nous a intéressé, c’est de comprendre pourquoi ce professeur qui était considéré comme un des meilleurs infectiologues, un prix Nobel en puissance, va commencer à faire des études qui sont critiquables sur le plan scientifique et à tenir des propos de plus en plus polémiques”, explique Marie-France Etchegoin sur le plateau de RMC.

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Le jour où Raoult a retiré le portrait de Macron

Finalement, la relation de confiance avec Emmanuel Macron ne durera pas longtemps comme en témoigne cette anecdote qu’on peut retrouver dans le livre.

“Il a enlevé le portrait de lui avec Emmanuel Macron. Il a dans son bureau une photo avec chaque président depuis Jacques Chirac. Mais quand on y est allé, il y avait juste un clou, plus rien. Et il nous a expliquées qu’il l’avait enlevée parce que quand même ‘cette légion d’honneur le 1er janvier à Karine Lacombe, ce n’est pas possible’, dit-t-il”, racontent-elles.

Les deux grandes reporters expliquent que le professeur marseillais va, au fur et à mesure, s’enfermer dans ses certitudes et commettre plusieurs erreurs.

“Au début, il pense que cette épidémie ne va être que saisonnière et en tout cas pas mondiale. Et donc là-dessus il se trompe et plus il se trompe, plus il s’enferme”, explique Marie-France Etchegoin.

"Il a le sentiment d’avoir des aptitudes exceptionnelles"

Malgré tout, il arrive à avoir beaucoup de soutien, notamment de la part de responsables politiques, mais aussi au sein de la population. 

"Il est devenu une espèce de héros populaire pour une partie de l’opinion. Il faut se souvenir que du côté politique par exemple, on a Valérie Pécresse par exemple qui dit oui à la chloroquine, on a d’autres élus qui disent qu’on ne va pas faire des tests sur des souris pendant 107 ans. Pratiquement à son corps défendant, Raoult a été pris dans une mécanique infernale. 

Il a le sentiment d’avoir des aptitudes exceptionnelles. Et il a une soif de reconnaissance et une volonté d’avoir raison contre tout le monde qui vont en faire un personnage qui est un peu dans le système et en même temps qui est à la marge. Et aujourd’hui on aime ce genre de personnage parce que c’est en plus amplifié par les réseaux sociaux”, assurent les deux journalistes.

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Contrairement à ce qu’on peut croire, ce n’est pas que la classe populaire qui se range derrière Didier Raoult. Un sentiment qu’avait aussi Emmanuel Macron, le président de la République. C’est notamment pour cela qu’il lui rend visite à Marseille, l’écoute. Un simple acte politique. 

“Parmi les gens qui adulent Raoult, il y a l’élite française. Il y a le plus grand patron français, Bernard Arnault, grande fortune. Il a représenté et il le dit lui-même une sorte de cristallisation au moment où la France est un peu perdue”, poursuit Ariane Chemin.
Guillaume Descours