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Santé: le recours à la contraception d'urgence en forte hausse chez les étudiantes

Cela fait maintenant plus de 20 ans qu’elle existe sur le marché, la pilule du lendemain est de plus en plus utilisée par les jeunes. C'est ce que révèle une étude de la mutuelle étudiante HEYME (ex-SMEREP).

Presque un quart des étudiantes l'ont même déjà utilisé plusieurs fois. Dévoilée le 28 juin, une étude montre une importante augmentation de la prise de la pilule du lendemain chez les 16-28 ans. Alors qu'en 2015, 14% des jeunes femmes déclaraient avoir déjà utilisé cette pilule, elles sont 48% en 2019.

Plusieurs pistes peuvent expliquer cette augmentation. L'utilisation de la pilule journalière recule, jugée non naturel, une étudiante sur deux la prend contre 60% en 2017. Autre piste, plus de la moitié des étudiants sondés reconnaissent ne pas toujours utiliser un préservatif lors d'un rapport sexuel.

"Je l'ai prise 5 ou 6 fois en 10 ans"

Sophie à 26 ans. Lors de ses études elle a plusieurs fois eu recours à la pilule du lendemain: "Je l'ai prise 5 ou 6 fois en 10 ans. Je préfère prendre la pilule du lendemain plutôt que de me réveiller un mois plus tard enceinte et paniquer complètement".

Sophie savait que sa méthode de contraception n’était pas idéale mais elle était persuadée de ne pas avoir le choix.

"Je ne prends pas la pilule, j’ai essayé un peu mais elle me provoquait des saignements sans discontinuer. A partir du moment où je l’ai arrêté, je me suis vraiment retrouvée sans contraception. Il y a le préservatif mais on ne va pas se mentir, il y a des fois où ce n’est pas agréable".

"Elles ne sont pas efficaces à 100%"

Un comportement a risque que le gynécologue Christian Jamin voit se développer chez ses patientes. Il tient à alerter les utilisatrices de la contraception d'urgence: "Elles ne sont pas efficaces à 100% ce qui fait que si vous avez des rapports fréquents, on ne peut pas utiliser cette contraception d’urgence comme contraception classique parce qu’on finira enceinte".

Pour d'autre spécialiste, la prise trop fréquente de la pilule du lendemain peut amener à un dérèglement hormonal à long terme.

Benjamin Pelsy (avec Caroline Petit)