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Suicide assisté: le militant Alain Cocq est mort en Suisse

INFORMATION RMC - Atteint d'une maladie orpheline incurable, cet habitant de Dijon, militant pour le droit à la dignité en fin de vie, est mort en Suisse ce mardi matin.

Il le disait sur RMC: "Quand je serai mort, je retrouverai ma dignité".

Alain Cocq est mort "paisiblement" ce mardi matin, peu avant midi, à Berne, en Suisse. Agé de 57 ans, il était atteint depuis 34 ans d’une maladie orpheline et incurable.

Militant de longue date du droit à mourir dans la dignité, il a "pris son comprimé, et deux minutes après, il est parti sereinement" selon sa légataire, que RMC a contacté. "Il repose en paix. C'était son désir. Son seul regret est d'avoir été contraint d'aller en Suisse" nous précise Sophie Medjeberg, présidente de l'association "Handi mais pas que".

L'été dernier, il avait écrit à Emmanuel Macron lui demandant le droit de mourir dans la dignité. Il s’était entretenu un mois plus tard avec sa conseillère Santé. L'Elysée, contactée par RMC, assurait alors qu'Emmanuel Macron avait bien reçu le courrier, et était très touché par le témoignage d’Alain Cocq, saluant son combat dans une lettre mais ne peut accéder à sa demande de recourir à une aide active à mourir.

En avril dernier, il avait de nouveau interpellé les députés sur la proposition de loi sur le "suicide assisté". Alain Cocq leur demandait de ne pas oublier "qu'ils sont là pour appliquer la volonté rémanente de la population": selon plusieurs sondages, une majorité de Français s'est dite largement favorable au suicide assisté.

L'été dernier, c'était dans son appartement de Dijon, torse nu, et allongé dans un lit médicalisé qu’il occupait jour et nuit, qu’Alain Cocq voulait filmer sa mort. Il avait alors décidé de montrer son visage visage, en direct sur sa page Facebook, pendant toute la durée de son agonie voulant sensibiliser l'opinion.

Il confiait alors sur RMC: "Je veux montrer aux Français ce qu'est une agonie. Je ne veux pas d'image trash qui permette à Facebook de me censurer. On ne sera pas dans le voyeurisme mais dans l'information. Il n'y a qu'une personne qui peut faire cette communication: c'est moi. Je sais que ma mort va être violente: vous croyez que mourir de faim et de soif est une mort douce? Quand je serai mort je retrouverai ma dignité. Pour l'instant, on me l'a enlevé".
Jean-Baptiste Bourgeon avec Xavier Allain