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Sur RMC, Cécile Duflot estime que taxer les super-riches pour faire repartir l’économie est "une bonne idée nécessaire"

Le leader du premier syndicat de France appelle à taxer les plus riches pour permettre à l'économie de se relever après la crise. L'idée de cette taxe est aussi portée par le FMI et saluée par Cécile Duflot, la présidente d'Oxfam et ancienne ministre.

Faut-il taxer temporairement les plus riches en sortie de crise? L'idée n'est pas neuve mais elle reprend de la vigueur ces dernières semaines. Dernière personnalité de poids à militer en sa faveur : Laurent Berger. Le leader du premier syndicat de France la CFDT a demandé mardi une taxe exceptionnelle pendant deux ans sur les ultra-riches pour financer un "vaste plan de mobilisation à l'égard de la jeunesse". 

Une taxe qu'il justifie par l'augmentation de la fortune des plus riches qui a augmenté de plus de 400% depuis 2009. Il en appelle alors à la solidarité pour aider les moins de 25 ans à se relever de la crise, en particulier ceux ni en formation, ni en emploi, soit 1,6 million de personnes.

"C'est une très bonne idée, et même une idée nécessaire", se réjouit ce mercredi sur RMC Cécile Duflot, la directrice d'Oxfam France, ancienne ministre de l'Environnement ajoutant que les riches se sont enrichis pendant la crise économique tandis que les plus précaires ont vu leur situation s'aggraver. "On ne peut pas laisser cette ultra richesse s’envoler quand certains, notamment les plus jeunes, sont en grande difficulté", ajoute-t-elle se félicitant que l'initiative soit soutenue par le FMI et déjà appliquée, notamment en Argentine.

Et la mise en place de cette nouvelle taxe devrait se faire au plus vite estime Cécile Duflot: "Il y a une question d’urgence immédiate à mettre en œuvre tout de suite, cela tombe presque sous le sens".

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"La moitié des milliardaires en France sont enfants de milliardaires"

"Les inégalités se sont faites au profit des plus riches. On est dans un système qui ne sait plus se réguler et concentre la richesse dans les mains de quelques-uns. Depuis 5 ans, la pauvreté a augmenté, les inégalités ont augmenté et la fortune des plus riche a augmenté. On est dans une situation de fragilisation sociale".

Selon elle, l’augmentation des inégalités "est due à un choix fiscal qui se base sur l’idée du ruissellement". En clair, quand les riches s'enrichissent, les plus modestes aussi. Une théorie récemment balayée par Joe Biden le président des Etats-Unis et qui peine à faire ses preuves.

"Les inégalités, c’est le patrimoine, les revenus et les chances. La moitié des milliardaires en France sont enfants de milliardaires. La réduction des inégalités est plus efficace que la croissance pour diminuer la pauvreté (...) Les inégalités sont un facteur de déstabilisation de nos sociétés et de violence très forte (...) On a beaucoup régressé dans la vision redistributive de nos revenus et la conséquence sur les jeunes est évidente", conclu Cécile Duflot.

Si l'idée séduit l'opinion publique alors que 7 Français sur 10 sont favorables pour taxer les plus riches, le gouvernement lui ne compte pas augmenter les impôts des particuliers avant la fin du quinquennat. "Question de cohérence", dit Bercy, "cette idée serait inefficace, la France ne doit pas faire fuir ses riches. Mais a un an de la présidentielle, l'enjeu de cette mesure est aussi symbolique assurent ses défenseurs. La France insoumise et le Parti socialiste comptent bien faire du sujet, un thème de campagne important.

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Victor Joanin et Guillaume Dussourt