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"Un collègue a été envoyé en Angleterre chercher du terreau": les routiers demandent l'arrêt du fret de produits non-essentiels

Sans masque ni gel hydroalcoolique et face à des aires d'autoroutes délaissées, trois syndicats appellent les routiers à exercer leur droit de retrait, demandant notamment l'arrêt du transport de denrées non-essentielles.

Face au manque de protections contre le covid-19, trois syndicats appellent les chauffeurs routiers à exercer leur droit de retrait, alors que 400.000 d'entre eux sillonnent toujours les routes de France quotidiennement malgré le confinement: "C’est un appel individuel pour ceux qui se sentent en insécurité, qui estiment qu’il n’y a pas ce qu’il faut pour les protéger", explique ce lundi matin sur RMC Patrick Blaise, secrétaire général de la CFDT Transports.

En plus de protection pour les chauffeurs, les syndicats demandent également la réquisition des aires d'autoroutes et l'arrêt du fret de produits non-essentiels: "La semaine dernière un de nos collègues a été envoyé au Royaume-Uni pour aller chercher du terreau. Arrivé là-bas, il a trouvé porte close, l’usine étant fermée. Il est revenu avec la hantise de ramener cette cochonnerie chez lui et il ne comprend pas pourquoi on l’envoi chercher du terreau alors que l’usine est fermée", raconte Patrick Blaise, réclamant un gel d'au moins deux semaines du transport de ces denrées secondaires.

"On envoie nos soldats sans fusils, sans protection"

"On demande depuis le début l’arrêt du transport qui n’est pas essentiel pendant au moins quinze jours. On ne demande pas l’arrêt des transports vitaux comme les produits pharmaceutiques, les appareils médicaux et la nourriture. On demande également aux bases logistiques qui ne sont pas dans ces secteurs de faire une pause également", ajoute le syndicaliste.

Patrick Blaise réfute cependant toute menace à la pénurie, alors que certains produits pris d'assaut dans les enseignes de distribution manquent toujours à l'appel: "Nous avons invités les conducteurs à faire valoir leur droit de retrait parce que la plupart d’entre eux sont responsables mais vivent l’enfer. On demande de la protection, on est la seconde ligne de front. On envoie nos soldats sans fusils, sans protection", précise-t-il.

Il réclame l'application de mesures similaires à l'Espagne, où le coronavirus a déjà fait 6803 morts alors que 80.110 cas ont pour l'instant été recensés: "Il y a l’obligation depuis ce lundi de donner des protections aux conducteurs et salariés du transport. Les aires d’autoroutes sont réquisitionnées alors qu’en France, certains doivent payer 6 euros pour une douche", dénonce le syndicaliste.

Guillaume Dussourt