RMC

"Un homme avec un peu d'embonpoint et des antécédents médicaux": le "nouveau" profil type des patients Covid-19 en réanimation

Il affirme voir des patients de plus en plus jeunes dans son service de réanimation de l'hôpital Lariboisière à Paris. Une évolution notamment due à l'arrivée du variant anglais.

La pression dans les hôpitaux et les services de réanimation ne cesse d’augmenter. Notamment en Île-de-France, où le pic atteint lors du premier confinement pourrait être dépassé dans les prochains jours. Au niveau national, le taux d’incidence s’élève à 313 cas pour 100.000 habitants, le taux de positivité des tests est de 7.8%, et 90% des lits de réanimation du pays sont occupés par des patients atteints du Covid.

Un constat que fait également le chef du service de réanimation de l’hôpital Lariboisière à Paris, Bruno Mégarbane.

“On a une pression qui augmente dans nos services de réanimation. On a aujourd’hui 32 patients présentant une forme grave du Covid-19 dans nos lits. L’ensemble de nos lits sont occupés, car nous n’avons déprogrammé que 20% de nos interventions chirurgicales. Donc si aujourd’hui un patient entre et nécessite un lit en réanimation, nous devons travailler pour le transférer dans une autre structure. Nos capacités de manœuvres sont extrêmement difficiles”, indique-t-il au micro de RMC.

Des patients "très gravement atteints"

Il constate également que l’âge des patients dans les services de réanimation a plutôt tendance à baisser. Une baisse qu’il explique notamment avec l’arrivée du variant anglais, et surtout avec le relâchement dans les gestes barrières.

“La médiane d’âge des patients en réanimation est à peu près la même, elle a légèrement diminué. Elle est passée de 65 à 61 ans. 
Le profil reste le même, c’est-à-dire un homme avec un peu d'embonpoint, d’une soixantaine d'années avec des antécédents de diabètes, d’hypertension, de maladie cardio-vasculaire. Mais ce qu’on constate aussi, c’est une réduction très significative du nombre de personnes de plus 80 ans, certainement parce qu’ils se protègent mieux et qu’ils sont vaccinés. 
Et à l’inverse une augmentation significative des personnes plus jeunes de moins de 50 ans. Et ces patients-là sont souvent très gravement atteints, ils sont intubés et ventilés. Ils ont été infectés par des charges virales très élevées, probablement par un relâchement des mesures barrières parce qu’ils n’y croyaient pas ou étaient las, et ils ont été contaminés par le variant anglais”, détaille-t-il.

>> A LIRE AUSSI - "Je ne suis pas si costaud que ça": en réanimation, le profil des patients atteints du Covid a changé

En revanche, si l’âge des patients contaminés baisse, ce n’est pas le cas concernant les personnes qui meurent du Covid-19. “Malgré tout, on constate que le risque de décès augmente fortement avec l’âge. D’où le fait qu’aujourd’hui encore, les décès sont majoritairement chez les malades de plus de 80 ans", précise Bruno Mégarbane. 

Guillaume Descours