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"Un jour ou l'autre, ça devait arriver": deux anciennes salariées de l'Ehpad de Lherm se confient

TÉMOIGNAGES RMC - Après la mort de 5 résidents de la maison de retraite de Lherm, deux anciennes salariées ont tenu à faire entendre leur voix. Elles dénoncent les conditions de travail qui règnent dans l'établissement.

Quand elle a appris la nouvelle, Cathy est tout de suite venue à Lherm pour apporter son soutien aux familles des résidents décédés. Elle avait bien connu certaines victimes.

Elle a travaillé 5 ans dans cet Ehpad en tant qu'infirmière et y a rencontré Séverine. Les deux anciennes collègues sont profondément touchées: "On est affectées, mais ça ne nous surprend pas. Un jour ou l'autre, ça devait arriver".

En cause: la gestion de l'établissement et leurs conditions de travail. "Manque de personnel, une pression à tout va. Nous on est complices de ce système et c'est pour cela qu'on témoigne aujourd'hui", dénonce Séverine.

"On pratiquait la maltraitance au quotidien mais contre notre gré. Aujourd'hui c'est les cuisines mais ça aurait pu être une erreur au niveau des infirmières, des aides-soignantes", assure Cathy.

"Il faut toujours qu'on arrive à des situations dramatiques espérer que les choses bougent. La situation est grave", déplore-t-elle aussi.

Douze résidents toujours hospitalisés mardi

Aujourd'hui, Séverine travaille dans un autre Ehpad de la région, Cathy, elle, a finalement rendu sa blouse, impossible de continuer à faire ce métier qu'elle a pourtant tant aimé.

Au total quatre femmes, âgées de 72 ans à 95 ans, et un homme de 93 ans sont morts après avoir dîné. Douze résidents restaient aussi hospitalisés mardi matin sans indication de pronostic vital engagé, a indiqué l'Agence régionale de santé (ARS). Ouvert en 2006, la Chêneraie hébergeait 82 résidents, dont 17 personnes en unité protégée (souffrant de la maladie d'Alzheimer ou de maladies apparentées).

L'enquête, ouverte par le parquet, doit déterminer "si c'est un accident, un défaut de prise en charge ou une faute", a ajouté la ministre devant les caméras. Elle a réaffirmé que la suspicion était celle d'une intoxication alimentaire, mais sans "encore de preuves".

Marie Monier avec Paulina Benavente