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"Une psychose s'est installée": depuis l'incendie, les Rouennais boudent les fruits et légumes sur les marchés

Dommage collatéral de l'incendie: les produits frais n'ont plus cote. Depuis 11 jours, la suspicion envahit les esprits des consommateurs. Comment être certains que ce que l’on mange ne présente pas de danger pour la santé?

Les premières analyses sur une éventuelle contamination des produits alimentaires par des dioxines dans la zone touchée par l'incendie de Lubrizol sont "très rassurants". C'est ce qu'a affirmé ce dimanche Agnès Buzyn, la ministre de la Santé.

Il faudra encore attendre des prélèvements complémentaires pour lever toutes les restrictions sur l'alimentation dans la zone touchée. Les agriculteurs de 112 communes ont pour l'instant l'interdiction de vendre leurs produits, produits consignés pour analyses.

"Les gens deviennent méfiants vis-à-vis des produits"

En attendant les résultats, sur le marché de Rouen les consommateurs sont prudents, voir plus que prudents ils boudent les productions locales, n'achètent plus de produits frais même si les producteurs présents n'ont pas été impactés par la catastrophe Lubrizol.

Sur le marché rouennais, la psychose de l'empoisonnement s'installe. Devant les étals de fruits et légumes, Marie-Anne pose toujours la même question aux commerçants: "Où se situe l’exploitation?". A Rouen, les odeurs liées à l'incendie sont toujours persistantes: "L’air est pollué. S’il y a des odeurs, c’est vrai que les gens deviennent méfiants vis-à-vis des produits".

"Plus personne n’achète et le peu qui s’arrête nous demande où on est situés"

La peur d'acheter des légumes souillés par les suies. Sur le marché, les consommateurs craignent pour leur santé. Des artistes de rue déguisés en clowns tentent de dédramatiser en tournant en dérision cette psychose.

Spectacle qui n'est pas du goût de Maude, maraîchère. Depuis l'incendie, elle perd à chaque marché 75% de son chiffre d'affaire.

"Il n’y a personne. D’habitude tout mon étal est plein de monde. Une psychose s’est installée, plus personne n’achète et le peu qui s’arrête nous demande où on est situés. Nous on est pas du tout impactés, pas du tout d’odeur, rien du tout. Pourtant, toute ma marchandise reste".

Pour l'instant, les productions touchées par le nuage sont interdites à la vente jusqu'au résultats des analyses.

Romain Poisot (avec Caroline Petit)