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Squatteurs: faut-il assouplir la trêve hivernale?

La trêve hivernale doit entrer en vigueur le 31 octobre prochain. Un soulagement pour les familles en détresse, un problème pour les propriétaires qui voient leur bien squatté.

Parce que leur maison est squattée, deux retraités des Bouches-du-Rhône sont obligés de vivre dans leur camping-car. Pierre et Maryse, un couple de septuagénaires, sont presque à la rue depuis que leur locataire refuse de quitter leur propriété, comme le révèle BFMTV. La locataire est expulsable depuis le 14 septembre mais est toujours en place. Si l'ordre d'expulsion n'est pas exécuté avant le 31 octobre, date de début de la trêve hivernale, le couple de septuagénaires devra attendre six mois de plus.

La trêve hivernale, c'est aussi ce qui menace Olivier, qui a acheté une maison dont la locataire ne veut pas partir: "Elle devait partir le 31 décembre 2021. Il y a eu une décision de justice. Si le 26 octobre elle n'est pas partie je peux demander le recours à la force publique", assure-t-il ce mardi sur RMC et RMC Story.

Mais le temps presse pour Olivier: "C'est une maison que j’ai achetée pour y mettre ma femme et mes enfants. Cette maison, je dois y être au mois de novembre de l'année prochaine parce que je vais commencer à payer un crédit", explique-t-il. "Je ne pourrais pas y habiter après la trêve hivernale si je n'ai pas fini les travaux", s'inquiète-t-il.

"Vivre avec une menace d’expulsion sur la tête, c’est une angoisse terrible"

"La situation ne justifie pas de remettre en cause la trêve hivernale", assure de son côté Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole de l'association "Droit au logement": "C’est une conquête de l’Abbé Pierre pour la défense des mal-logés et des sans-logis. C’est une législation qui s’applique aussi en Suisse et en Belgique. Mettre des gens dehors en plein hiver, c’est insupportable", ajoute-t-il.

"Il ne faut pas oublier que vivre avec une menace d’expulsion sur la tête, c’est une angoisse terrible", rappelle Jean-Baptiste Eyraud. "La rue c'est la mort. Quand on vit dans la rue, on a 15 ans d'espérance de vie", conclut le porte-parole de Droit au Logement qui tacle une société qui "encourage la recherche du profit sur le logement, un bien fondamental".

En 2019, 16.700 ménages avaient été expulsés de leur logement, contre 8000 en 2021 selon la Fondation Abbé-Pierre. Une année marquée par des restrictions sanitaires qui avaient limité les expulsions.

La rédaction de RMC