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1.000 PV de stationnement en trois mois pour des véhicules de transport d’enfants handicapés

La société Adanev, spécialisée dans le transport de personnes, s'occupe en Île-de-France du transport d'élèves souffrant d'un handicap pour les emmener à l'école. Les véhicules ont reçu près de 1.000 amendes de stationnement en quelques mois.

Ce sont désormais des entreprises privées qui sont chargées de contrôler le stationnement à Paris et dans de nombreuses localités d'Île-de-France. Une situation qui conduit à une recrudescence de procès-verbaux dressés. Et une entreprise se sent particulièrement visée, et injustement.

Les véhicules de la société Adanev ont reçu 600 PV à Paris et 400 en Île-de-France en trois mois. Leur tort: déposer de jeunes enfants atteints d'un handicap au plus près de leur école.

Me Jean-Baptiste Iosca, avocat en droit routier, représente l'entreprise dans cette affaire, et explique sur RMC ce jeudi matin qu'il regrette l'attitude de ces sociétés privées, jugeant que cela s'apparente à de l'acharnement.

"Vous allez rire, enfin ça me fait plutôt pleurer: il y a des véhicules verbalisés à une minute d'intervalle. Une avalanche de contraventions pour quelques minutes de stationnement... On a quasiment l'impression qu'ils attendent derrière les véhicules", souffle-t-il.

"A partir du moment où l'Etat s'est désinvesti de cette mission..."

Cette société, Adanev, réalise une mission de service public au travers d'une délégation obtenue après un appel d'offres de la région Île-de-France. Me Jean-Baptiste Iosca semble regretter que l'Etat se soit désinvesti de cette mission sur le stationnement, ce qui conduit à cette situation selon lui.

"Quelle entreprise privée ne fait pas de chiffre? C'est le propre même d'une entreprise privée. A partir du moment où l'Etat s'est désinvesti de cette mission, les entreprises ont intérêt à faire du chiffre, et à ne pas chercher à comprendre ce qui se passe, avec des personnels qui ne descendent même pas du véhicule", regrette-t-il.

L'avocat va maintenant demander l'annulation de tous ces PV et que toutes les plaques d'immatriculation des véhicules disparaissent des fichiers pour qu'ils ne soient pas "prunés" à l'avenir. Il aimerait également une mise en place, en concertation avec la mairie, de places ad hoc qui permettraient de s'arrêter devant les écoles.

Une situation qui pourrait se débloquer prochainement, puisqu'il est "convoqué" samedi à une réunion avec les autorités. "On va voir ce que ça va donner", lance-t-il prudemment.

J.A.