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Aéroports de Paris: fin de la grève des pompiers, vers une amélioration du trafic ce week-end?

Les pompiers des aéroports de Paris ont mis fin à leur grève laissant entrevoir une amélioration du trafic ce week-end, le premier des grandes vacances. Mais d'autres corps de métiers négocient toujours avec la direction.

Ciel un peu plus dégagé pour les grands départs ce week-end: les pompiers des aéroports parisiens ont mis fin à leur grève mais des négociations se poursuivent avec d'autres salariés qui réclament eux aussi des hausses de rémunérations. Le préavis de grève des soldats du feu, qui courait de vendredi à dimanche, "a été levé suite à la signature d'un accord" entre la direction et la CGT, a précisé à l'AFP le Groupe ADP, gestionnaire des installations de Roissy-Charles-de-Gaulle, d'Orly et du Bourget. Cet accord a été confirmé par l'organisation syndicale.

En revanche, "les négociations se poursuivent" avec les représentants d'autres personnels qui ont déposé un préavis distinct pour la même période, selon l'entreprise.

Le Groupe ADP, dont l'Etat contrôle la majorité du capital, n'a pas souhaité donner davantage de détails sur l'accord scellé au sujet des revendications des pompiers.

Ceux-ci réclamaient, selon le texte de leur préavis publié par la CGT, des revalorisations, dont une évolution de la grille de salaires, l'instauration d'une "prime de technicité" et "un vrai plan de recrutement (...) permettant d'organiser le travail conformément aux nécessités opérationnelles".

Une amélioration en vue ce week-end

Le mouvement social des pompiers, entamé le 30 juin, s'était traduit la semaine dernière par l'annulation de centaines de vols au départ ou à l'arrivée de Roissy, premier aéroport français. L'autre grande plateforme d'Ile-de-France, Orly, n'était pas concernée.

La Direction générale de l'aviation civile (DGAC) avait imposé ces annulations préventives, représentant jusqu'à 20% des vols entre 07h et 14h, au nom de la sécurité: la réduction du nombre des soldats du feu disponibles avait rendu nécessaire de fermer une partie des pistes de Roissy.

Cette mesure ne sera donc pas nécessaire ce week-end, qui marque le début des vacances scolaires d'été, a confirmé jeudi à l'AFP une porte-parole de la DGAC.

Mais ce week-end de grands départs pourrait néanmoins être perturbé si le préavis des autres salariés d'ADP n'est pas levé. Selon l'entreprise, "les négociations se poursuivent (...) dans un climat constructif et se poursuivront demain" vendredi, sans plus de précisions.

Négociations en cours

Le préavis déposé par les salariés d'ADP, hors pompiers, court lui aussi de vendredi à dimanche inclus. Il mentionne l'exigence d'une "augmentation générale des salaires de 6%", rétroactive au 1er janvier, outre des revalorisations supplémentaires pour certaines catégories de personnel, ainsi qu'une revalorisation des indemnités de transport et une "amélioration des conditions de travail".

Selon des organisations représentatives du personnel, la direction proposait en fin de semaine dernière une augmentation de 4% au 1er juillet. ADP n'a pas confirmé ces chiffres.

Les syndicats font valoir que les augmentations demandées compenseraient l'inflation qui s'approche des 6% sur un an, alors que les salariés d'ADP avaient accepté de réduire leurs traitements pour permettre à l'entreprise de traverser la crise du Covid-19 qui a divisé par trois le nombre des clients des aéroports parisiens en 2020. Le groupe a aussi mené un plan de départs volontaires et s'était engagé à ce que les salaires retrouvent leur niveau d'avant-crise dès que les effets de celle-ci sur le trafic se seraient dissipés.

Des difficultés à retrouver les niveaux opérationnels d'avant-crise

Or, certains trajets ont déjà dépassé leurs niveaux d'activité de 2019, en particulier les liaisons vers l'outre-mer ou encore celles, saisonnières, vers l'Europe du Sud. Eurocontrol, l'organisme de surveillance du trafic aérien du Vieux continent, estime que celui-ci pourrait retrouver en août jusqu'à 95% de son niveau de 2019.

Pourtant, l'été s'annonce très difficile pour le secteur qui peine à retrouver son efficacité opérationnelle après la pandémie et connaît de nombreux mouvements sociaux au sein de compagnies comme d'installations aéroportuaires.

Mercredi, le nouveau ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, avait annoncé avoir reçu le PDG d'ADP Augustin de Romanet et assuré sur Twitter que "le gouvernement est mobilisé pour éviter les perturbations, encourager le dialogue social et renforcer les précautions sanitaires, dans l'intérêt de tous".

G.D. avec AFP