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Alstom: oui, le gouvernement était au courant des difficultés du site de Belfort

RMC a enquêté et s'est replongée dans les archives. Au regard des courriers et des mails envoyés depuis un an aux différents ministres en charge du dossier, il apparaît clairement que le gouvernement avait bien été alerté sur les difficultés d’Alstom Belfort.

Plusieurs élus de droite ont affirmé mardi avoir alerté le gouvernement de longue date sur la situation du carnet de commande de l'usine Alstom Transports de Belfort que François Hollande a demandé de sauver. "Depuis l'été 2015, nous agissons et alertons le gouvernement avec l'ensemble des parlementaires concernés par un site Alstom dans leur circonscription, dans le Doubs et en Alsace", affirme Cédric Perrin, sénateur LR du Territoire de Belfort, dans un communiqué signé avec Damien Meslot, député-maire LR de Belfort et Michel Zumkeller, député UDI du Territoire de Belfort.

Les trois parlementaires réagissaient après des propos d'Alain Vidalies, secrétaire d'État aux Transports, qui a affirmé sur Europe 1 que le gouvernement n'a pas été alerté par les parlementaires. Comme a pu le constater RMC, après s'être replongée dans les archives, des courriers et des mails ont bien été envoyés depuis un an aux différents ministres en charge du dossier. Et selon ces documents, il apparaît clair que le gouvernement avait bien été alerté sur les difficultés d’Alstom Belfort.

Autre preuve que le gouvernement: cette question posée en séance au Sénat à Emmanuel Macron par un sénateur du Bas-Rhin le 31 mars 2016. Celui-ci s'inquiète du manque de commandes et des risques pour l'emploi sur plusieurs sites d'Alstom et notamment celui-ci Belfort. "Monsieur le sénateur, la meilleure façon de répondre aux problèmes de compétitivité d'Alstom est d'être compétitif et de conquérir de nouveaux marchés", lui répond alors celui qui est encore ministre de l'Economie.

"Parce que si Alstom a aujourd'hui un problème c'est d'avoir eu une commande publique surabondante pendant les années passées, ajoute-t-il. Je crois que nous ne rendons service à personne si nous considérons que la seule réponse est de maintenir un tel schéma". Aujourd'hui, pourtant, c'est bien la commande publique qui est présentée comme LA solution aux problèmes d'Alstom pour les années à venir.

De toute manière, il est trop tard pour trouver d'autres solutions car un plan de redressement de l'industrie se prévoit des années en amont, explique un économiste. En coulisses, les membres du gouvernement en profitent pour se défausser et chargent Emmanuel Macron qui n'aurait pas pris, selon eux, la mesure du problème.

Stéphanie Collié