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"Dupin Quotidien": faut-il supprimer les aides publiques au secteur aérien?

Faut-il supprimer les aides publiques au secteur aérien? En tous cas c'est ce que réclame dans un rapport qui vient d'être publié la FNAUT, la Fédération nationale des usagers des transports

Faut-il faire des économies publiques sur le secteur aérien ? La FNAUT a évalué les montants des aides publiques accordées chaque année au transport aérien. Bilan: le secteur bénéficierait chaque année de 500 millions d'euros d'aides directes ou indirectes.

Et ce serait trop, beaucoup trop pour les associations qui estiment qu'il faut absolument contrôler le développement du transport aérien afin de limiter son impact environnemental et financier.

Taxer le kérosène ?

Elles demandent en premier lieu une taxation du kérosène. D'ailleurs c'était l'une des premières revendications des "gilets jaunes". Selon la FNAUT, cette taxe permettrait de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, l'avion émet jusqu'à 40 fois plus de CO2 que le train par kilomètre parcouru et par personne transportée. Et surtout ça permettrait de rapporter gros à l'Etat: au moins 335 millions d'euros.

Sur cette question le gouvernement a pour l'instant renvoyé le débat au niveau européen alors qu'il serait tout à fait possible de mettre une taxe sur les vols intérieurs comme l'ont fait plusieurs pays: la Suède, la Norvège, l'Allemagne.

Les compagnies aériennes aussi bénéficient de 25 millions d'aides publiques

Les compagnies reçoivent 25 millions d'euros d'aides publiques selon les calculs de la FNAUT pour les compagnies qui opérent des lignes en délégation de service public, au départ de Paris vers des villes moyennes comme Agen, Aurillac, Brive, Limoges...

Une aide qui va de 20 à 200 euros par passager en fonction de la destination. Quand aux aéroports, ils touchent 170 millions d'euros d'aides, surtout pour éponger les pertes des petits aéroports. Plus de soixante aéroports sont déficitaires en France et ces déficits sont couverts par l'Etat et donc les contribuables. La FNAUT estime qu'il vaudrait mieux fermer ces aéroports non-rentables plutôt que de fermer les petites lignes ferroviaires. 

Marie Dupin (avec James Abbott)