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Être payé pour rouler en heures creuses? Lille veut tenter l'expérience

Plusieurs centaines de taxis quittent l'aéroport de Roissy, le 8 décembre 2009, pour une opération escargot sur l'autoroute A1 (illustration)

Plusieurs centaines de taxis quittent l'aéroport de Roissy, le 8 décembre 2009, pour une opération escargot sur l'autoroute A1 (illustration) - Lionel Bonaventure - AFP

La métropole européenne de Lille souhaite mettre en place un système de rémunération des automobilistes qui n’utilisent pas leur voiture lors des heures de pointe. Le conseil de la métropole votera ce vendredi soir pour ou contre cette mesure.

Gagner de l'argent en roulant pendant les heures creuses... C'est le pari que veut faire la Métropole européenne de Lille pour tenter de décongestionner le trafic aux heures de pointe.

Le conseil de la métropole, qui se réunit ce vendredi soir, souhaite adopter un système pour rémunérer les automobilistes qui n'utilisent pas certaines autoroutes pendant les plages horaires où l’affluence sur la route est à son paroxysme.

Comment marche cet "écobonus"?

Concrètement, si vous n'utilisez pas votre véhicule pendant ces moments de la journée, vous toucherez 2 euros par trajet "non-effectué", dans la limite de 80 euros par mois pendant un an. Au total, un automobiliste pourra alors bénéficier d’un montant de 960€ à la fin de l’année. Pour tirer profit de cet incitatif financier, il suffira de s'inscrire sur une plateforme en ligne proposée par la métropole lilloise.

Sur les axes routiers concernés, des caméras seront installées sur les portiques qui devaient à l’origine servir à l’écotaxe, comme l'explique France Bleu Nord. Ces caméras liront ensuite automatiquement les plaques d’immatriculation de chaque conducteur. Si votre véhicule n'est pas détecté, vous recevrez alors un virement directement sur votre compte.

Attention toutefois, le dispositif ne sera pas cumulable sur deux années consécutives. Mais bonne nouvelle, il n’y aura pas besoin d’habiter la métropole lilloise pour pouvoir s’inscrire à ce dispositif, baptisé “Ecobonus”.

L’A1 et l’A23 concernées sur des horaires bien précis

S’il est voté vendredi, le projet sera normalement mis en application à partir de septembre 2023. Un appel aux volontaires sera lancé en mars 2023 afin de s’inscrire sur la plateforme et de télécharger l’application qui permettra, chaque jour de déplacement, d’indiquer son mode de transport.

Cela permettra aussi à l’utilisateur de déclarer s’il a un ou plusieurs passagers à son bord. Si tel est le cas, il sera considéré comme covoitureur et pourra là aussi bénéficier de l’incitatif financier, sans pour autant se soucier de l’heure à laquelle il circule.

Dans l’esprit de la métropole, le but est donc de réduire drastiquement le trafic sur les deux axes autoroutiers les plus utilisés dans le secteur : l’autoroute A1, dans les deux sens, ainsi que l’autoroute A23 dans le sens Valenciennes-Lille. En effet, lors des moments d’affluence maximale notamment aux heures de sortie de bureau, les deux axes sont complètement embouteillés.

Avec la mise en place de son "Ecobonus", la Métropole européenne de Lille espère diminuer le trafic automobile aux heures de pointe à hauteur de 6%. Dans les chiffres, avec une affluence moyenne de 12.000 véhicules par heure, l’objectif est de baisser cette moyenne horaire de 750 véhicules. 18h30 en direction de Paris. Pour l’A23, seule la plage horaire de 7h à 9h, en direction de Lille, sera concernée.

L’exemple hollandais

Avec la mise en place de son "Ecobonus", la Métropole européenne de Lille espère diminuer le trafic automobile aux heures de pointe à hauteur de 6%. Dans les chiffres, avec une affluence moyenne de 12.000 véhicules par heure, l’objectif est de baisser cette moyenne horaire de 750 véhicules.

Une expérimentation qui s'inspire directement de celle de Rotterdam, aux Pays-Bas, qui a permis de réduire les embouteillages. Dans la ville néerlandaise, au bout d'un an, 80% des conducteurs avaient gardé leurs bonnes habitudes de déplacement.

Nicolas Ropert, avec Alexis Lalemant