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Faut-il étendre la prime mobilité aux trajets en voiture individuelle pour se rendre au travail? Ca fait débat sur RMC

Le projet de loi d’orientation des mobilités arrive en commission à l’Assemblée le 14 mai prochain. Il devrait être adopté d’ici cet été. Il prévoit notamment d’augmenter la part du vélo dans nos trajets quotidiens, de déployer des mobilités propres. Mais le gouvernement envisage aussi de donner un coup de pouce aux Français qui utilisent leur voiture pour aller au travail.

Si vous allez au travail à vélo, vous connaissez déjà le principe. Un peu comme pour l’abonnement de train ou de métro, votre employeur vous rembourse en quelque sorte une partie de vos trajets domicile travail. Aujourd’hui, pour le vélo, c’est 200 euros par an maximum.

L’idée de la loi serait de doubler ce montant, jusqu’à 400 euros par an. Et de l’ouvrir à ceux qui pratiquent le covoiturage.

Dans le projet de loi, pour l’instant, tout cela reste facultatif, sur décision de l’employeur ou soumis à un accord d’entreprise. La somme serait évidemment exonérée de cotisations sociales et fiscales et pourrait être différente selon les régions. Ça, c’est ce qui est prévu pour l’instant et qui a été voté en première lecture au Sénat.

Mais le gouvernement réfléchit à aller encore plus loin. Certains ministres veulent rendre le versement de la prime obligatoire dans toutes les entreprises, dans toutes les régions et surtout à tous les moyens de transports, y compris ceux qui viennent travailler avec leur voiture personnelle, sans faire de covoiturage. Une manière de répondre aux attentes des gilets jaunes, alors que les prix des carburants sont de nouveaux au plus haut.

CFDT et FO y sont favorables

La CFDT, premier syndicat de France, y est favorable. Tout comme Force Ouvrière, dont le secrétaire confédéral Michel Beaugas porte la revendication depuis des mois:

"Il n'y a pas de raison que dans les grandes métropoles, on puisse avoir la moitié de son abonnement de transports en commun remboursé, que si on est à vélo, on soit privilégié dans ce cadre-là alors que ceux qui sont contraints d'utiliser leur véhicule parce qu'ils habitent une zone éloignée des transports soient pénalisés par la non-obtention de cette prime".

Certaines ONG environnementales, comme Réseau Action Climat, espèrent même que la prime sera cumulable avec le remboursement des transports en commun.

"Eh bien voyons, facile avec l’argent des autres", répond dans un tweet François Asselin, le président de la CPME, la confédération des petites et moyennes entreprises:

"Imaginons que demain cette prime soit obligatoire, nous devrions en zone rurale financer des salariés qui ont choisi d'habiter loin de l'entreprise alors qu'ils pouvaient habiter à côté. Et à côté de ça vous auriez des salariés qui auraient fait le choix d'habiter près de leur lieu de travail et qui n'auraient pas cette prime. Donc ça ferait une sorte de différence de traitement un peu bizarre entre salariés".

Depuis 2016, la région Hauts-de-France a mis en place ce genre de prime pour les salariés qui se rendent au travail en voiture. La région verse 20 euros par mois à ceux qui habitent à au moins 20km de leur lieu de travail et qui gagne moins de 2 fois le SMIC.

Matthieu Rouault