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Faut-il ouvrir les réseaux de trains régionaux à la concurrence? Ca fait débat sur RMC

Le président de la région Hauts de France, Xavier Bertrand l’a annoncé il y a plusieurs mois. Il le confirmera ce lundi matin lors d’une conférence de presse. Une procédure d’appel d’offres va être lancée pour ouvrir les lignes de TER à la concurrence.

Pas assez de trains en circulation, des annulations et surtout des retards. Sur les 6 derniers mois, plus de 13% des trains Paris-Amiens, Paris Laon et Saint-Quentin Lille ne sont pas arrivés à l’heure. Avec l'ouverture des lignes à la concurrence, Xavier Bertrand espère "réveiller la SNCF".

L’objectif de la région Hauts-de-France n’est pas de privatiser les lignes, mais bien d’offrir plus de service public, même s’il est opéré par des sociétés privées.

La région gardera la maîtrise du réseau. Elle choisira l’opérateur sur chaque ligne. L’appel d’offre se fera au niveau européen. La SNCF pourra évidemment candidater.

De quoi faire évoluer la qualité du service selon Michel Magniez, président de la fédération des usagers des transports dans les Hauts-de-France:

"Actuellement dans les Hauts-de-France, on a quand même une situation qui est difficile. Il y a une qualité de service qui est très aléatoire selon les lignes, et la concurrence peut permettre de résoudre ces problèmes-là. Ça va permettre de dynamiser toutes ces questions sur le ferroviaire. Les usagers attendent beaucoup du transport ferroviaire, il faut que la région demande aussi beaucoup aux différentes compagnies que ce soit la SNCF ou d'autres".

Les régions Grand Est et PACA intéressées

Les Hauts-de-France pourrait donc être la première région française à faire rouler des trains privés sur ses lignes, dès l’an prochain, avec un premier contrat jusqu’en 2024. Mais ce ne sera pas la seule. Les régions Grand Est et PACA sont également intéressées. Le nouveau pacte ferroviaire, la fameuse réforme de la SNCF, a rendu possible cette ouverture à la concurrence. Elle se pratique déjà partout ailleurs en Europe. Royaume-Uni, Allemagne, Autriche, Italie, Portugal, Pays-Bas, Suède, Pologne et Espagne. Avec des Easy Jet ou les Ryanair du rail. Des compagnies privées qui répondent aux doux noms de RegioJet, Leo Express ou Flixtrain, elles proposent parfois des services différents à bord, et surtout elles n’affichent pas les mêmes tarifs. Le prix du billet a parfois légèrement baissé. En tout cas, il n’a augmenté nulle part.

Mais Benjamin Amar, responsable de la CGT Val de Marne, continue de se battre contre cette idée: "Je suis complètement contre parce qu'en réalité, c'est de la privatisation rampante. C'est une première étape vers une privatisation. Souvent les libéraux invoquent l'idée qu'en ouvrant à la concurrence il y a moins de retard. C'est faux. En Allemagne, on a ouvert à la concurrence il y a plus de 20 ans et 30% des trains sont en retard contre 15% en France".

C’est vrai qu’il y a du retard en Allemagne, au Royaume-Uni aussi. Mais ce retard n’est pas imputable aux compagnies privées. Il est plutôt dû au mauvais entretien des rails et de l’infrastructure. Un entretien qui revient à l’Etat et aux régions, donc au service public.

Matthieu Rouault