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Faux moniteurs d'auto-école: "Investir dans un permis de conduire, c'est investir dans sa sécurité"

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Apprendre à conduire avec un particulier contre une rémunération est de plus en plus pratiqué. Une "concurrence déloyale" pour les auto-écoles mais également illégale.

Devant les prix parfois élevés demandés pour passer le permis de conduire, certains apprentis conducteurs peuvent être tentés par des méthodes plus abordables mais illégales. Selon une enquête du Parisien, apprendre à conduire avec un particulier est une pratique de plus en plus répandue.

En effet, quelques clics sur internet suffisent aujourd'hui à trouver un particulier prêt à apprendre à conduire pour une somme modique (entre 25 et 30 euros) alors qu'une heure de conduite coûte en moyenne 45 euros en France (parfois plus de 50 euros à Paris).

Sauf que cette pratique, en plus d'être très dangereuse, peut vous coûter cher. Cela revient en effet à conduire sans permis et peut donc être condamné à un an d'emprisonnement, 15.000 euros d'amende et interdiction de conduire.

"On a tout à perdre dans cette affaire"

"Celui qui conduit une voiture avec à ses côtés un de ces faux enseignants, engage sa responsabilité. De plus s’il y a un accident il y a évidemment des problèmes d’assurance", prévient Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière.

"Vous paierez peut-être un pseudo leçon peu chère mais les risques que vous encourrez sont forts. On a tout à perdre dans cette affaire. A la fois ça va prendre plus de temps pour apprendre parce qu’enseigner c’est un métier. De plus, c’est comme si l'on conduisait sans permis. Investir dans un permis c’est investir dans sa sécurité et celle des autres", explique-t-il.

"Tous ne sont pas des faux moniteurs"

Pour Jean-Louis Bouscaren, représentant de l'Unidec, un syndicat d'auto-écoles, c'est "une concurrence déloyale": "C'est du travail au noir donc c'est facile de casser les prix".

"Tous ne sont pas des faux moniteurs. Certains sont de vrais moniteurs titulaires du diplôme de moniteur et de l'autorisation d'enseigner mais par contre pour respecter la réglementation, ils leur manquent l'agrément de la préfecture donc ils échappent à tout contrôle. Il y a des commissions dans tous les départements qui sont faites pour faire la traque à ces travailleurs illégaux".
Charlotte Peyronnet (avec G.D.)