RMC

Grève SNCF: un mouvement qui risque encore de contrarier les voyageurs en pleines vacances

La CGT Cheminots et Sud Rail, syndicats les plus représentés au sein des effectifs de la SNCF, appellent à un nouveau mouvement de grève les 7 et 8 février. Une mobilisation qui risque de durement impacter les voyageurs et autres vacanciers de la zone A.

La lutte s’intensifie du côté de la SNCF. Alors que les syndicats s'organisent déjà pour la suite du mouvement, après la journée de grève interprofessionnelle de mardi 31 janvier, la CGT Cheminots, premier syndicat à la SNCF, et Sud-Rail proposent à leurs militants de se mobiliser les 7 et 8 février prochains, avant "d'envisager la grève reconductible" quelques jours plus tard.

Ces deux journées de grève tombent au beau milieu de la première semaine des vacances scolaires de la zone A (Bordeaux, Poitiers, Clermont, Lyon, Grenoble). Et si les syndicats vont laisser leurs adhérents trancher sur ces dates en assemblée générale, la nouvelle a déjà de quoi contrarier les voyageurs ayant prévu de se déplacer en train au cours de cette période.

Dans le hall de la gare Montparnasse, à Paris, l'annonce ne fait presque plus effet, les grèves étant devenues le train-train quotidien des voyageurs.

“C’est un peu toujours la même chose. Pour aller au boulot, il y a régulièrement des grèves. Maintenant c’est pour les vacances… J’avoue que je commence à être un peu saoûlé pour être gentil”, lance ce voyageur. “Ras-le bol un peu de la récurrence des grèves… J’ai des week-ends qui sont prévus en février”, enchérit cette autre usagère des transports ferroviaires.

Les répercussions négatives sur les voyageurs, c’est ce que reproche justement Michel Quidort, le président de la fédération européenne des voyageurs. Il redoute que les usagers se retrouvent une nouvelle fois pris en tenaille, au milieu d'une bataille qu'ils ne maîtrisent pas.

“Cette situation de blocage va conduire des gens dans des galères, quelles que soient leur opinion. Ne mettons pas en danger un système utile à la nation, et qui pénalise beaucoup de monde par la faute d’un dialogue social inexistant”, lance Michel Quidort.

L’unique solution pour faire plier le gouvernement?

Mais si des voix s’élèvent pour alerter sur les répercussions que subiront, une fois de plus, les voyageurs, le blocage reste un moyen de pression efficace pour obtenir gain de cause.

C’est en tout cas ce qu’affirme le sociologue Jean-François Amadieu, qui explique que “les organisations syndicales savent très bien, cette fois-ci, qu’il faut avoir des actions qui bloquent beaucoup plus”. Et d’ailleurs, “peu importe que ces actions ne soient que peu populaires. Oui, les Français ne les apprécieront pas, mais si vous raisonnez en termes d’efficacité, ça peut être ce qu’il y a de plus efficace pour les syndicats”, développe le sociologue.

Erik Meyer, le secrétaire fédéral du syndicat Sud-Rail, assume parfaitement cette grève en période de vacances scolaires. Le syndicaliste explique rechercher “la convergence des secteurs professionnels pour lutter contre ce mauvais projet”.

Il poursuit en évoquant l’hypothèse “de mettre réellement sur la table cette possibilité de grève reconductible, si on constate que le gouvernement s’entête dans ce projet. Ce texte là déclare la guerre au mode du travail!”.

Outre cette grève sur les rails, la CGT appelle aussi à la mobilisation le 6 et 8 février prochain dans les raffineries et les centrales de production d’électricité.

Lena Marjak, Alfred Aurenche et Alexis Lalemant