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Aéroport de Roissy: les syndicats appellent à la grève le 31 janvier

Les syndicats de l’aéroport de Paris Charles-de-Gaulle se sont mis d'accord pour une grève pour la journée du 31 janvier. Mais la mobilisation s’annonce difficile dans ce contexte d’inflation.

Deuxième manche pour les syndicats dans leur opposition face au gouvernement et à sa réforme des retraites. La journée d'action du 31 janvier, à l’appel de l’intersyndicale opposée au projet de réforme, sera-t-elle plus forte que celle de jeudi dernier?

C'est en tout cas le souhait des syndicats, qui s'organisent pour essayer de faire grossir le mouvement de colère dans le privé. À la plateforme aéroportuaire de Roissy Charles-de-Gaulle, qui accueille environ 800 entreprises et plus de 90.000 salariés, les syndicats essayent de retrouver la dynamique de juin dernier, lorsqu'une grève pour des augmentations de salaires avait conduit à l'annulation d'un vol sur quatre.

A l'issue d'une assemblée générale, les syndicats de l’aéroport se sont mis d'accord pour suivre le mouvement national et appeler à une grève d'ampleur le 31 janvier prochain. “Pour qu’ils reculent sur la réforme des retraites, il faut bloquer tout ce qui est stratégique, tout ce qui est économique”, explique Loris Foreman, délégué CGT dans une entreprise de sous-traitance à Roissy.

“Nous sommes 100.000 salariés à l’aéroport. Si vous bloquez l’aéroport, vous bloquez l’économie”, assure le syndicaliste. Justement, c’est sur le volet économique et financier que le bât blesse avec les salariés.

Une intersyndicale en ordre dispersé?

Dans ce contexte de tension économique pour beaucoup d’employés, qui subissent de plein fouet les affres et les répercussions de l’inflation galopante, Loris Foreman reconnait qu’il est difficile de mobiliser ses collègues qui ont d’autres priorités.

De plus, “chez nous, la population est jeune”, précise le syndicaliste. Selon lui, ces jeunes salariés ne s’attardent pas sur le sujet de la retraite car ils pensent qu’ils n’y auront pas accès. Et même si, selon Loris Foreman, “la colère monte” chez ses collègues.

Voilà pourquoi la CGT pousse pour mentionner aussi la problématique cruciale des salaires sur les tracts ainsi que sur les banderoles déployées en manifestation. Une initiative qui n’est pas au goût de la CFDT.

“Si le mot d’ordre n’est pas uniquement la retraite, on ne sera pas sur l’intersyndicale a priori. Demander au gouvernement dans une manif sur les retraites de revoir sa copie sur les salaires, ça n’a aucun sens”, estime Pascal Pedrak, représentant syndical de la CFDT.

L'union syndicale est pourtant importante aux yeux de Nicolas Pereira, l'un des responsables CGT à Roissy, qui se prépare à un conflit long. “On est parti pour amplifier le mouvement. Et on sera mobilisé sur les périodes de vacances, oui”, assène-t-il.

La mobilisation à Roissy ne fera pas long feu si le 31 janvier n'est pas un succès, reconnaissent néanmoins plusieurs reponsables syndicaux.

AL avec Victor Joanin