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Journée décisive à Alstom Belfort: "On attend, on se méfie des promesses"

TEMOIGNAGES - Les employés d'Alstom à Belfort espèrent être fixés sur leur sort mardi, à l'issue d'une réunion qui rassemblera les élus locaux, les syndicats, la direction du groupe, et un gouvernement prêt à user de tous les leviers pour sauver leur usine de locomotives d'une quasi-fermeture. Un appel à la grève à tout de même été lancé pour maintenir la pression.

Une journée cruciale pour les salariés d'Alstom. Les syndicats du site de Belfort appellent à la grève ce mardi pour maintenir la pression sur le gouvernement qui doit dévoiler son plan de sauvetage du site et de quelques 400 emplois. Mais, à la sortie de l'usine, l'inquiétude demeure sur le visage des salariés. C'est le cas pour Stéphane, qui n'est pas très rassuré quant à l'issue des négociations. "On espère des bonnes nouvelles. On attend, souligne-t-il. Pour l'instant, on se méfie des promesses. On veut vraiment voir ce qu'il y a".

Tous sont sceptiques quant à l'annonce du gouvernement de commander 16 TGV, pour près de 500 millions d'euros, au site de Belfort. Hervé, lui, veut du concret: "Il ne faut pas qu'on s'emballe. L'effet de cette annonce, de dire qu'il va y avoir beaucoup de TGV ou autre, derrière il faudra quand même que ça soit verrouillé, que ça soit garanti, que l'on sache qui va financer. Il faut donc être très, très prudent sur de telles annonces".

"Qu'une solution temporaire"

André Fages, délégué CFE-CGC, fait lui aussi part de ses doutes: "Dans tous les cas, ça ne pourrait être qu'une solution temporaire. 16 TGV ça représente un an et demi de production et pas à pleine charge pour les ateliers". Quant à Olivier Kohler (CFDT Alstom), il en appelle à "la prudence". "On attend confirmation car ce n'est pas tout de le dire. Maintenant, il faut voir concrètement quelles solutions trouver pour assurer la pérennité de l'établissement".

"Cela peut être une solution de court terme, dans le cadre de commandes effectuées avec le TGV italien ou éventuellement cette commande de locomotives de manutention pour la RATP, estime-t-il. Mais nous souhaitons aussi aborder le long terme, qu'on assure la pérennité de l'établissement, de la construction ferroviaire en France, à Belfort". Une chose est sûre: les salariés d'Alstom refusent de rester les bras croisés. Plusieurs centaines d'entre eux vont d'ailleurs manifester ce mardi devant la préfecture de Belfort.

Maxime Ricard avec Anaïs Bouitcha