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Jugé pour avoir aidé sa belle-famille syrienne à venir en France: "Ils se trompent de criminel"

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Stéphan Pélissier est jugé ce jeudi en Grèce pour "transport de personnes en situation irrégulière". Ce juriste d'Albi a aidé sa belle-famille syrienne à venir en Europe. Il crie aujourd'hui à l'injustice.

"J'ai simplement tenté de sauver ma belle-famille". C'est ce que raconte Stéphan Pélissier, jugé ce jeudi en Grèce, à Patras, pour trafic de clandestins, en termes juridiques, "transport de personnes en masse en situation irrégulière". 

En août 2015, les parents, le frère, la sœur et un cousin de l'épouse de Stéphan, Mouzayan, tentent le voyage vers l'Europe depuis Damas. En Turquie, ils embarquent à 64 sur un pneumatique de 8 mètres de long. L'embarcation prend l'eau. Ils sont sauvés par les garde-côtes grecs qui les amènent sur l'île de Samos, en Grèce.

Tous arrêtés par les douaniers

Le surlendemain, la famille de Mouzayan envisagent une deuxième traversée avec des passeurs entre la Grèce et l'Italie.

"Quand mon beau-père me dit que le prochain plan, c'est de prendre le bateau pour la grande traversée entre la Grèce et l'Italie, là on dit stop, on ne peut plus. Je n'aurais pas pu regarder ma fille de 12 mois dans les yeux s'il leur était arrivé malheur en étant resté sur mon canapé chez moi, sans avoir rien tenté", raconte ce juriste de 44 ans à RMC.

Il décide d'aller chercher lui-même sa belle-famille.

Mais sur le chemin du retour en France, Stéphan Pélissier et sa belle-famille sont stoppés par les douaniers à Athènes alors qu'ils embarquaient sur un bateau pour l'Italie. Tous sont arrêtés. La famille syrienne est finalement libérée, mais Stéphan est accusé d'être un passeur. La justice grecque ne reconnaît pas la filiation entre lui et sa belle-famille.

Stéphan Pélissier sera libéré sous caution, mais il encourt une peine de 10 ans de prison en Grèce. Invraisemblable selon lui:

"Le criminel ce n'est pas Daesh, le criminel ce n'est pas Bachar El-Assad, le criminel c'est moi? On court à l'injustice. J'espère simplement que le bon sens va l'emporter et que les juges seront humains".

Sa belle-famille a depuis obtenu un titre de séjour de 10 ans en France.

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