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La vignette Crit'Air pénalise les classes populaires

Contrôle de police lors d'un épisode de pollution à Grenoble en janvier 2017

Contrôle de police lors d'un épisode de pollution à Grenoble en janvier 2017 - JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

A partir de ce samedi, la vignette Crit'Air devient obligatoire pour les automobilistes qui circulent dans la capitale. Un dispositif mis en place pour lutter contre la pollution qui ne convient pas à tout le monde.

A partir de ce samedi, l'écologie devra s'afficher sur le pare-brise des automobilistes. Mise en place au 1er janvier 2017, la vignette Crit'Air, qui permet de classer les véhicules en fonction de leurs émissions polluantes, est en effet désormais obligatoire pour tous les véhicules qui circuleront dans les rues de Paris du lundi au vendredi, de 8 heures à 20 heures.

Les villes peuvent s’appuyer sur ces vignettes pour mettre en place une circulation différenciée, notamment en cas d’épisode de pollution, en interdisant certaines catégories de véhicules de rouler. Un dispositif, qui s'applique également à Lyon et Grenoble, et qui remplace la circulation alternée, en fonction des plaques d'immatriculation, auparavant utilisée.

"Je trouve ça complètement injuste"

Les véhicules les plus pénalisés sont les diesels immatriculés avant le 1er janvier 2001, et les voitures datant d'avant 1997 désormais interdites dans la capitale. De quoi fâcher un certain nombre de conducteurs.

Voilà 10 ans que Guilhem roule avec sa Laguna diesel, immatriculée en juin 2000 mais désormais, quand il viendra travailler à Paris la semaine, sa voiture va devoir rester au garage.

"Je trouve ça complètement injuste. On pénalise clairement les classes les plus populaires. Je n'ai pas les moyens de changer mon véhicule. Pour moi, la voiture est obligatoire, je transporte du matériel et aujourd'hui, je suis dans une situation très délicate. C'est pour ça que je suis vraiment très en colère", explique-t-il. 

"On ne m'a jamais dit qu'il y avait une date de péremption"

Et il n'est pas le seul. Michel Romanet-Perroux, qui préside l'Union pour la défense de l’égalité de circuler librement, s'offusque que l'automobiliste serve de bouc émissaire.

"Les voitures que la maire de Paris veut interdire représentent entre 2 et 3 % de la pollution. Où sont les 97 autres ? Quand j'ai acheté ma voiture, on ne m'a jamais dit qu'il y avait une date de péremption", affirme-t-il.

Pour inciter les Parisiens et les habitants de la petite couronne à se débarrasser de leur voiture polluante, la ville de Paris propose jusqu'à 5. 000 euros d’aide financière pour changer de véhicule. 

F. Mansour et M. Rostagnat