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Les examens pour devenir chauffeur VTC ou taxi bientôt simplifiés?

DUPIN QUOTIDIEN - Les chauffeurs de taxi vont-ils de nouveau descendre dans la rue? En tous cas la profession s'inquiète car le gouvernement envisagerait de simplifier l'examen pour devenir chauffeur.

Le gouvernement a fait circuler auprès de centaines de chauffeurs de taxi et de VTC un questionnaire pour leur demander ce qu'ils pensent de l'examen obligatoire pour devenir chauffeur. Un document révélé par nos confrères de BFM Business. Et ce qui ressort de ce sondage grandeur nature c'est que l'immense majorité des personnes interrogées estiment que l'examen est assez facile à réussir, que le simplifier encore pourrait dévaloriser l'image de la profession, et que surtout cela entrainerait l'arrivée de nouveaux chauffeurs sur le marché à un moment où leur activité est déjà pénalisée par la crise sanitaire.

En clair les chauffeurs de VTC et les taxis sont d'accord: ils n'ont pas du tout envie que l'examen soit simplifié. Sauf que ce n'est pas le cas des plateformes VTC comme Uber ou Freenow qui réclament depuis longtemps une simplification de cet examen. Elles estiment qu'il n'y a pas assez de chauffeurs pour répondre à la demande. Elles affirment aussi qu'il faut en moyenne 9 mois pour devenir chauffeur et elles trouvent que c'est beaucoup trop long.

La partie théorique pourrait être simplifiée

Il faut savoir que l'examen pour devenir chauffeur de VTC ou de taxi a un tronc commun avec de la théorie et de la pratique. Il y a des questions sous forme de QCM, par exemple sur le taux de TVA dans les transports. Il y a aussi quelques épreuves de compréhension de texte. C'est cette partie théorique qui pourrait être simplifiée sauf que les taux de réussite à l'examen sont déjà très élevés, ils tournent autour de 80%. Pour les fédérations de taxis, cette simplification potentielle n'est donc pas acceptable.

Le ministère des Transports confirme de son côté qu'une réflexion est en cours, mais il assure qu'il n'est pas question de durcir ou à l'inverse de "simplifier par principe le niveau de l'examen" mais qu'il s'agit de vérifier qu'il est "bien adapté". Il promet aussi qu'aucune réforme ne se fera sans associer étroitement les professionnels.

Surtout qu'une autre réforme va bien entrer en vigueur prochainement: le 1er mars, dans un peu plus d'une semaine, un décret publié hier va décentraliser la gestion de l'inscription des chauffeurs VTC. Jusqu'à présent le registre des inscriptions était géré par le ministère des transports. Ce sera désormais le rôle du préfet. Les Fédérations de taxis craignent que la préfecture n'ait pas les moyens de faire des vérifications suffisamment strictes.

Marie Dupin