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Licenciement chez General Electric: "Du jour au lendemain vous avez l'impression de ne servir à rien"

Quinze ans après une première vague de licenciement, le groupe General Electric a annoncé vouloir supprimer 1050 emplois sur son site de Belfort. Une décision qui rappelle de mauvais souvenirs aux employés licenciés en 2004.

Deux jours après les annonces de General Electric de supprimer 1050 postes sur son site de Belfort, les salariés sont toujours en plein doute. Les élus, les syndicats promettent des actions prochaines pour faire pression sur la direction du groupe et le gouvernement.

En 2004, le groupe avait connu un épisode de licenciement similaire. 2800 emplois sont alors menacés. Le ministre de l'Economie Nicolas Sarkozy décide de renflouer l'entreprise, pour la sauver. Plusieurs centaines de salariés sont tout de même mis à la porte. 

"Du jour au lendemain vous vous retrouvez à la rue"

Dans la cité ouvrière, "La Cité Alstom" aux petites maisons ouvrières jaunes aux volets bleus, l'annonce de nouveau plan social, a rouvert des plaies jamais vraiment refermées. C’est le cas de Joël, licencié en 2004. Arrivé chez Alstom à 17 ans en 1970, il estime aujourd’hui que l’on "se fout des gens": "Du jour au lendemain vous vous retrouvez à la rue et vous avez l’impression de ne servir à rien", explique-t-il à RMC en racontant son licenciement de l'époque.

"Ça fait deux mois qu’on entend parler de ce plan. Maintenant je me suis fait une raison. Mais quand on voit ce qui se passe on se dit 'pourquoi nous pourquoi personne ne fait rien'. On se fout des gens. On se met à la place des gens qui vont recevoir leur lettre de licenciement. J’espère qu’ils vont se battre et qu’ils gagneront", assure Joël.

"À 50 ans vous êtes mort"

"À 50 ans vous êtes mort, vous allez dans les entreprises plus personne ne vous veut", ajoute-t-il.

Bruno Le Maire a annoncé mercredi qu'il se rendrait à Belfort la semaine prochaine pour rencontrer les responsables syndicaux de General Electric et étudier des pistes pour "réindustrialiser le site". Il a également promis de demander au patron de General Electric, Larry Culp, d'améliorer son plan social. Il doit l'avoir au téléphone auourd'hui.

Margot Bédé, Marie Monier (avec Guillaume Dussourt)