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Pourquoi une publicité pour un vélo électrique a-t-elle été interdite en France ?

Des voitures qui polluent, remplacées par un vélo électrique: voici l'idée générale de la nouvelle publicité de VanMoof, un fabricant hollandais. Pourtant, ce spot ne sera pas diffusé à la télévision: l’Autorité de régulation de la publicité a émis un avis défavorable quant à sa diffusion en France.

Une publicité pour une marque néerlandaise de vélo a-t-elle été censurée? C'est ce qu'affirme la marque de vélo VanMoof, l'un des plus gros fabricants de vélos électriques au monde. Elle a reçu un courrier de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité pour que son spot publicitaire soit modifié avant de pouvoir être diffusé à la télévision française.

Des plans de cette publicité de 45 secondes déjà diffusés sans problème aux Pays-Bas et en Allemagne, "jettent un discrédit sur tout le secteur de l’automobile" selon l'organisme de régulation.

La publicité montre une belle voiture de sport. Les reflets sur la carrosserie sont sans équivoque. De la fumée noire, des embouteillages monstres et un accident de la route.

À la fin du clip la voiture disparaît pour laisser place à un vélo électrique. Lorsque l’on montre la vidéo à Flavy et Hélène, les deux Parisiennes sont conquises peu importe l’image que renvoie la voiture.

“On s’en fiche, on voit aussi ce que l’automobile fait et les ravages que ça provoque. On voit bien qu’il y a beaucoup trop de voitures qui circulent alors qu’à vélo ça peut être la solution”, estime l’une d’elles.

Tarek, chauffeur de taxi depuis 11 ans, à un avis plus mitigé. “La voiture qui fond, qui disparaît, c’est vraiment radical. On veut faire culpabiliser le Français pour ne pas qu’il prenne sa voiture”, estime-t-il.

Pas de dénigrement dans les publicités françaises

La société à l’origine de la vidéo ne comprend pas cette décision et s’interroge sur l’indépendance de l’autorité de régulation de la publicité.

“On a vraiment le sentiment d’avoir été censuré. On savait que le spot publicitaire avait un message assez fort, mais on ne se doutait pas que ça allait prendre autant de proportion”, estime Alfa Claude Djalo, le porte-parole de la société.

Problème, sans cet avis favorable, le clip a très peu de chance de se retrouver à la télévision. Stéphane Martin est le directeur général de l’autorité de régulation de la publicité.

“En France, le dénigrement n’est pas acceptable. Donc quand on veut se comparer, on ne dénigre pas les concurrents et notamment en surfant sur un caractère anxiogène”, assure-t-il.

Malgré cet avis défavorable, la société a d’ores et déjà annoncée qu’elle ne changerait rien à sa publicité.

Benjamin Pesly et Florian Chevallay avec Guillaume Descours