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Taxes carburant: l'écologie punitive est-elle efficace?

En 2018, le gouvernement a augmenté de 7 centimes la taxe sur le gazole et de 4 centimes celle sur l’essence. La même augmentation a été votée pour l’an prochain. L’objectif est d’aligner les prix des deux carburants d’ici 2022, dans un souci d’écologie. Mais cela commence à peser beaucoup trop sur le porte-monnaie des automobilistes.

Les calculs de l’Insee sont implacables. Aujourd’hui, les dépenses moyennes en carburant d’un foyer s’élèvent à 1.700€ par an. D’ici 2022, elles dépasseront 2.000€. Parce qu’il n’y pas que la fameuse hausse de 4 ou 7 centimes décidée par le gouvernement. Il y a aussi la TVA et le prix au baril qui augmentent. Preuve la semaine dernière, dans 2 stations sur 10 en France, le diesel était plus cher que l’essence.

Lundi, Jonathan nous a envoyé un message au 32.16. Il habite l’île d’Yeu en Vendée. A sa pompe, plus rien en dessous de 2€ le litre, diesel comme essence. Particularité insulaire, mais quand même. Aujourd’hui, quand vous faites le plein, 60% de la facture sont des taxes. Trop c’est trop, dénonce Pierre Chasseray, de 40 millions d’automobilistes.

"Il faut que le gouvernement cesse le matraquage fiscal contre ceux qui ont une voiture"

"Ca suffit, la cocotte minute va un jour ou l'autre exploser. On est le pays le plus taxé de l'OCDE. Il faut que le gouvernement cesse le matraquage fiscal contre ceux qui ont une voiture au nom d'un critère qui serait celui du sauvetage de la planète. La réalité est simple, Emmanuel Macron cherche à compenser les pertes liées à la suppression de la taxe d'habitation."

Evidemment, le gouvernement n’a pas du tout la même version. La hausse des taxes sur le carburant n’a pas été votée pour compenser la suppression de la taxe d’habitation, mais bien pour lutter contre la pollution. Une mesure imaginée en 2015, sous François Hollande.

A la base, la taxe sur le diesel devait augmenter et celle sur l’essence devait baisser

L’idée était alors d’aligner le prix du diesel sur celui de l’essence, pour que l’automobiliste ne soit plus incité à opter pour le carburant le plus polluant. Mais à la base, la taxe sur le diesel devait augmenter et celle sur l’essence devait baisser. Pour rester dans un prix acceptable. En réalité, on se rend compte que les deux augmentent.

Grave erreur selon François-Michel Lambert, député (Radical de gauche) des Bouches-du-Rhône.

"Quelque part c'est perçu comme une écologie punitive. Il faut au contraire donner par exemple des chèques énergie transport pour ceux qui sont en difficulté. Les taxes carburants doivent financer cela en partie, et l'autre partie servir à la transition énergétique. Aujourd'hui ce n'est pas le cas et c'est dommageable."

En attendant, les pétitions d’automobilistes se multiplient. La plus suivie réunit ce matin près de 50.000 signature sur le site Change.org.

Matthieu Rouault (avec J.A.)