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Taxes carburants: le gouvernement doit-il faire marche arrière? Ca fait débat

La grogne très forte des automobilistes est "entendue" par le gouvernement qui maintient ses hausses de taxes au nom de l'écologie. A-t-il raison de ne pas fléchir ?

Le gouvernement veut maintenir la hausse du carburant face à un ras le bol des automobilistes sans précédent. Des pétitions lancées sur Facebook ont déjà recueilli plusieurs centaines de milliers de signatures. Partout en France des milliers d’appels sont lancés pour bloquer les routes, en ville ou en zone rurale.

Quasiment tous les départements sont concernés. Rien qu’à Paris, le blocage du périphérique rassemble déjà plus de 40 000 participants. Le président de Debout la France, Nicolas Dupont Aignan, invite même les français à envoyer leurs tickets de caisse de carburant à l’Elysée pour interpeller sur la dégradation de leur pouvoir d’achat. Une initiative que soutient Pierre Chasseray de 40 millions d’automobilistes.

"Un impôt sur le droit d'emmener ses enfants à l'école"

"L'écologie c'est toujours le drapeau vert que l'on agite quand on veut créer une taxe. Ca suffit ! C'est un impôt sur le droit de bosser, un impôt sur le droit d'emmener ses enfants à l'école. C'est une surtaxe globale qui vient gréver le pouvoir de rouler des Français, et quand on fait ça on grève le pouvoir d'achat."

Et c’est donc au nom de l’écologie que le gouvernement maintient le cap. "Il faut taxer la pollution et réduire le réchauffement climatique", défend le ministre de l’Economie, Bruno le Maire.

"La prime à la conversion c'est une bonne chose"

Pour compenser cette hausse, notamment celle du diesel, +24% en un an, le gouvernement propose d’augmenter la prime de conversion. Un coup de pouce pour inciter à l’achat de véhicules propres. 250 000 primes devraient être versées cette année, Gérald Darmanin, ministre de l’action publique souhaite doubler ce chiffre d’ici la fin du quinquennat. Une très bonne initiative estime Olivier Blond de l’association Respire.

"La prime à la conversion c'est une bonne chose, car il faut réduire la pollution de l'air dans les centre-ville. Donc il faut éliminer les voitures les plus polluantes. Et pour tous les gens modestes, il faut trouver des manières de les aider à améliorer leur voiture. Toutes les initiatives qui vont dans ce sens sont positives."

Pour financer cette prime, l’Etat compte effectivement sur la participation des constructeurs automobiles. Une réunion aura lieu cet après-midi à Bercy. Renault, PSA, Ford, Toyota ou encore BMW sont attendus autour de la table. 

Jean-Baptiste Bourgeon (avec J.A.)