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Trottinettes électriques: "La loi est laxiste", déplore l'Association contre l'anarchie urbaine

Deux adolescents sont morts fauchés par une ambulance lundi à Lyon alors qu'ils circulaient en trottinette. Selon l'association contre l'anarchie urbaine, ce drame aurait pu être évité si des règles plus strictes et une formation encadraient la pratique et notamment l'utilisation des trottinettes en libre-service.

Deux adolescents ont été tués à Lyon lundi alors qu’ils circulaient sur une trottinette électrique. Âgés de 15 et 17 ans, ils ont été fauchés par une ambulance privée. Ils sont les 10 et 11e victimes d’accidents en trottinette depuis le début de l'année. La mortalité ne cesse d’augmenter alors que des règles précises existent depuis 2019 et la loi d'organisation des mobilités (LOM).

"Elle encadre très peu de choses. On considère que la loi est laxiste car elle permet d’utiliser une trottinette à partir de 12 ans", déplore ce mercredi sur RMC Arnaud Kielbasa, vice-président de l'Association philanthropique d'action contre l'anarchie urbaine vecteur d'incivilités (APACAUVI).

Le principal problème se trouve selon lui sur les trottinettes en libre-service, vectrices d’accidents. "Il y a peu de contrôles sur l’identité, l’âge. Des mairies ont pris leur responsabilité et s’y opposent mais nous, on considère qu’on envoie les gens au casse-pipe dans des endroits où les trottinettes n’ont pas le droit d’être là, parce qu’il y a des conflits d’usage", ajoute le vice-président de l'APACAUVI.

"Il faut une formation"

"Les forces de l’ordre n’ont pas le temps et bien souvent pas d’instruction des maires pour contrôler. La loi place la responsabilité dans les mains des maires. Ce sont les municipalités qui doivent agir. Sans volonté locale, il n’y a rien qui se passe. On s’aperçoit que personne ne sait ce qu’il faut faire, parce que personne n’a été verbalisé", explique Arnaud Kielbasa. Dans certaines villes comme à Nice, les trottinettes en libre-service ont purement et simplement été bannies de l’agglomération.

Mais pour réduire les accidents sans arriver à une telle interdiction, Arnaud Kiebalsa milite pour l’obligation du port du casque. Il déplore aussi une ambiguïté au niveau de la responsabilité civile: "La loi prévoit que les trottinettes en libre-service soient assurées en responsabilité civile mais c’est au conducteur de contrôler que sa trottinette est bien assurée", déplore-t-il.

"Tout est à repenser", conclut Arnaud Kielbasa. "Il faut une formation. La quasi-totalité des gens n’ont pas entendu parler des règles de base et du bon sens qui permettrait de limiter les risques en trottinette", ajoute-t-il.

Selon les premiers éléments, les deux adolescents morts à Lyon circulaient sur la chaussée lorsqu'ils ont été fauchés par une ambulance qui venait d'être appelée pour une urgence. Le conducteur a été placé en garde à vue.

Guillaume Dussourt