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"Un grand n'importe quoi!": ces municipalités qui font la chasse aux livreurs en scooter dans les zones piétonnes

Plusieurs villes ont déjà interdit aux livreurs en scooter de circuler dans les zones piétonnes. Car avec l'épidémie de Covid-19, les livraisons de repas à domicile ont explosé et les trajets en deux-roues motorisés des livreurs eux aussi.

Les villes déclarent la guerre aux scooters. La municipalité de Nantes a pris lundi un arrêté interdisant l’entrée des scooters non-électriques dans les zones piétonnes du centre-ville. Car avec l’explosion du nombre de livreurs de repas travaillant pour les plateformes (ils sont estimés à 700 à Nantes), les deux-roues aux moteurs thermiques (environ 70 % contre 30 % de vélos) ont envahi l’espace urbain, engendrant des nuisances en termes de sécurité et de pollution a estimé la mairie. Un peu plus tôt cette année, c’est la municipalité de Montpellier qui avait pris une décision similaire. Car les livreurs sont aussi la cible de plaintes dans d’autres villes de France notamment en région parisienne, à Boulogne-Billancourt, Asnières ou encore Vincennes.

À Montreuil en Seine-Saint-Denis, les scooters ont même investi les rues piétonnes et se faufilent entre les passants qui ne marchent plus sereinement : "Les beaux jours quand on est en terrasse avec les enfants, alors qu’on est censé se détendre, on est toujours sur le qui-vive. Il y a déjà eu un enfant renversé par un scooter, c’est hyper dangereux. La définition d’une rue piétonne, c’est qu’il n’y a que des piétons et des vélos à la limite", déplore Margo, une habitante de la ville.

Dangereux pour les enfants et dangereux aussi pour tous les clients des restaurants. Car les scooters nuisent aux affaires raconte Saïd, gérant d'une pizzeria dans la rue piétonne : "Quand toutes les terrasses des restaurants sont là et qu’il y a des enfants qui dînent avec leurs parents, le scooter n’a rien à faire dans la rue piétonne sinon on l’appellerait rue des scooters. Je fais un peu le gendarme devant, je leur dis de rouler moins vite. Dans une soirée, il y a une cinquantaine de véhicules qui passent. On a déjà fait appel aux services de la mairie, ce n’est plus possible".

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"C'est une guerre contre un type de mobilité qui n'a plus sa place dans une ville apaisée"

Et concernant les livreurs en scooter qu'il sollicite parfois, il leur demande tout simplement de marcher quelques mètres : "Une rue piétonne en général ça ne fait pas plus de 300 mètres de long, donc le livreur s’il veut venir chercher son plat, il peut marcher 300 mètres".

Les livreurs en scooter, ce sont eux qui ont poussé la mairie de Nantes à déposer un arrêté pour les interdire dans les rues piétonnes : "Avec la crise du Covid-19, le nombre de demandes de livraison de repas à domicile a explosé. Pour répondre au nombre de demandes et s’assurer un niveau de revenus moins minable, beaucoup de livreurs à vélo ont transformé leur vélo en scooter posant des problèmes de bruit pour les riverains", plaide Pascal Bolo, adjoint à la sécurité a la mairie de Nantes.

Interdire fermement les scooters dans les rues piétonnes, c'est aussi ce que demande le collectif "Ras le scoot": "Ce n’est pas une guerre contre les scooters, c’est une guerre contre un type de mobilité qui n’a plus sa place dans une ville apaisée. On a de plus en plus de gens qui nous disent qu’ils n’en peuvent plus parce qu’il y a de plus en plus de sociétés de livraison. C’est un grand n’importe quoi, il va falloir que cela cesse parce que les gens n’en peuvent plus". Et selon lui, les sociétés de livraison doivent abandonner le scooter pour équiper leurs livreurs en vélos à assistance électrique.

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Romain Poisot (avec Guillaume Dussourt)