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Waze, Coyote: certains contrôles de police bientôt invisibles sur les applis

Les applications d'aide à la conduite permettent de signaler et de voir à l'écran les contrôles de forces de l'ordre sur notre trajet. Bientôt certains signalements seront bloqués par les applications, sur demande des forces de l'ordre, dans certains cas précis.

Faut-il interdire aux systèmes d’aide à la conduite de renseigner leurs utilisateurs sur les contrôles de police ? Fini le petit bonhomme avec une casquette bleue sur Waze ou Coyote. Un décret va interdire à ces applications de dévoiler certains contrôles de police. Concrètement, les alertes envoyées par les automobilistes n’apparaîtront plus à l’écran.

Nom de code : Harry Potter. C’est l’intitulé de ce décret qui entrera en vigueur mi-juillet, d’ici un mois. Et qui fera disparaître les bonhommes bleus sur Waze. Un peu comme la cape d’invisibilité du petit sorcier.

Uniquement pour les contrôles d'alcoolémie, de stupéfiants et de lutte contre la criminalité

En fait, les automobilistes utilisateurs de Waze ou de Coyote pourront continuer de signaler les contrôles de police. Mais leurs alertes ne seront plus relayées aux autres. Les opérateurs auront pour consigne de les bloquer si les forces de l’ordre le demandent, pour certains types de contrôles, explique Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière.

"Quand ces forces de l'ordre font un contrôle d'alcoolémie, de stupéfiants, ou de lutte contre la criminalité, ceux qui ne veulent pas croiser les forces de l'ordre changent de chemin. On essaye de rendre les forces de l'ordre invisibles uniquement pour ces contrôles. En revanche ce système ne sera pas utilisé pour les contrôles de vitesse."

L’objectif du gouvernement, c’est que ces aides à la conduite participent à la sécurité routière. En cas de contrôle de vitesse, très bien, la peur du gendarme fait ralentir tout le monde. En revanche en cas de drogue au volant, d’alcool au volant, hors de question de laisser les contrôles apparents sinon les automobilistes concernés vont changer de chemin.

"Il existe de nombreuses étapes juridiques et surtout techniques avant que ce décret ne soit appliqué"

Yves Carra est porte-parole de l’automobile club association. Il comprend la volonté du gouvernement. Mais il reste vigilant.

"Si cette restriction concerne effectivement seulement ces contrôles pourquoi pas. Après il ne faut pas qu'il y ait de dérives. C'est le danger que ça s'étende aux contrôles routiers et que ce soit permanent. Donc soyons vigilants."

Et le patron de Coyote, Fabien Pierlot, précise dans un mail envoyé à RMC qu’il tient à rassurer la communauté Coyote : "Il existe de nombreuses étapes juridiques et surtout techniques avant que ce décret ne soit appliqué".

Matthieu Rouault (avec J.A.)