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Une carte bleue obligatoire pour regarder du porno? La piste du gouvernement

Donner son empreinte de carte bleue pour pouvoir regarder du porno, c'est une des pistes du gouvernement pour mieux filtrer l'accès de la pornographie aux mineurs. Une mesure imparfaite, mais qui permettrait de protéger 30 à 40% des mineurs selon des estimations.

Donner le numéro de sa carte bleue pour regarder un film pornographique sur internet. C'est une piste envisagée par le gouvernement pour filtrer les accès des mineurs à ces sites. Il ne s'agit pas de payer, mais simplement de s'assurer que l'internaute a plus de 18 ans. Il s'agirait juste d'une empreinte bancaire à zéro euro.

Ce ne serait pas un filtre parfait comme l’a reconnu la secrétaire d'Etat à l'Enfance Charlotte Caubel. Elle s'exprimait mardi à l'Assemblée. "On va faire bouger les choses assez sérieusement", a assuré Charlotte Caubel devant la Délégation aux Droits de l'Enfant.

Cette mesure, réclamée par les associations, permettrait de protéger 30 à 40% des moins de 18 ans. En effet, lorsqu'un mineur utilise sa carte bleue, les parents peuvent recevoir une alerte. Ce qui peut évidemment avoir un effet dissuasif. L'objectif, c'est de rompre la chaîne des violences sexuelles, d'arrêter de traumatiser les enfants.

“On nous oppose que ce ne serait pas un filtre parfait, mais déjà si on peut protéger 30 ou 40% (des mineurs), soyons pragmatiques. Mon enfant, quand il utilise sa carte bleue, j'ai une alerte, je verrai si c'est sur Youporn ou sur McDo", a déclaré Charlotte Caubel. .

La question de la protection des données

"Nous sommes le quatrième pays producteur d'images pédopornographiques. (...) Jusqu'à quand devons-nous attendre pour ouvrir les yeux? Arrêtons de prendre des pincettes; oui, cela détruit nos enfants de l'intérieur. Et cela contribue à ne pas rompre la chaîne des violences sexuelles que nous continuons à nourrir", poursuit-elle.

Un tiers des garçons de moins de 15 ans va tous les mois sur un site porno selon un rapport du Sénat du mois dernier.

Pour le secteur, cette mesure pose la question de la protection des données des adultes. Mais selon la secrétaire d'Etat cela est moins important que d'empêcher les mineurs d'aller sur ces sites.

Amandine Réaux avec AFP