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Vers la fin des top modèles filiformes dans la mode: que pensent les femmes du "Body positive"?

Plusieurs marques ont décidé de changer leur campagne de publicité et de s'éloigner des standards, avec des mannequins se rapprochant de la réalité.

Est-ce la fin du diktat de la femme filiforme? Plusieurs marques ont décidé cette année de changer leur campagne de publicité et de s’éloigner des standards basiques de la mode féminine avec des mannequins grandes et filiformes. Désormais, ce sont des corps plus proches de la réalité que l’on peut voir sur les photos, alors qu’une étude récente montre qu'en moyenne, une Française pèse 63 kg pour 1m65, avec un tour de poitrine de 93 cm, contre 57 kg, 1m80 et 86 cm pour les mannequins.

Dans la vitrine de la boutique de lingerie Ysé à Paris, des photos sans retouches avec des vergetures, un peu de cellulite, sur des mannequins plus en chair. La boutique a adopté le "body positivisme" et cette pratique séduit les clientes. 

"C’est quand même important de voir des corps réels, beaucoup plus honnêtes, qui nous ressemblent davantage", estime une cliente. "Je trouve ça bien que ça devienne la norme d’être juste plus normale", ajoute une autre. "On se dit aussi que ces habits nous iront. Ce qui est beau aussi chez la femme, c’est toute sa diversité et avec ces nouveaux visuels, on parle à toutes les femmes", conclue une dernière à la caisse du magasin. 

Une stratégie qui s'impose aux marques

Les marques n'ont pas hésité, pour leur dernière campagne à mettre en valeur cette diversité des corps. H&M, mais aussi Ysé, Princesse TamTam ou encore Chantelle. Une évolution ressentie aussi dans les agences de mannequins. 

Sylvie Fabregon, directrice d'une agence, assure que ces mannequins grandes tailles sont de plus en plus demandées par les annonceurs. "Avant on avait un casting par semaine pour des filles plus size, maintenant elles sont demandées au même titre que les autres mannequins. Ça a été multiplié par trois ou quatre", précise-t-elle.

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"Pour les annonceurs, c’est suivre une tendance pour ne pas être ringard et ne pas passer à côté d’un phénomène de société. Plus ça se généralise, plus ça se banalise", explique-t-il.

Des photos qui ressemblent surtout bien plus à la moyenne: selon un site de vente en ligne, 40% des françaises s’habillent en L ou en XL.

Alice Froussard avec Guillaume Descours