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Suicide d'une directrice d'école de Pantin: un rapport met en lumière des "dysfonctionnement" dans les établissements de la ville

Le rapport de l'inspection générale reconnait que la circonscription de Pantin connait beaucoup de dysfonctionnements avec notamment une forte demande de mutation de la part des professeurs.

Un rapport de l'Inspection générale de l'Éducation nationale publié lundi reconnaît plusieurs dysfonctionnements après le suicide de Christine Renon. Cette directrice d'école de 58 ans à Pantin en Seine-Saint-Denis avait dénoncé dans une lettre ses conditions de travail avant de se donner la mort en septembre dernier. 

Elle mettait en cause l'Éducation nationale et ses conditions de travail, détaillant "son épuisement", la solitude des directeurs, ou encore les réformes incessantes et contradictoires. Le rapport, publié lundi, met en avant un certain malaise au sein des établissements scolaires de Pantin, avec, notamment, de nombreuses demandes de mutation des enseignants. 

En 2019, 28,5% des professeurs des écoles de Pantin ont demandé leur mutation. C'est 11 points de plus que la moyenne départementale. L'inspection générale regrette aussi un fort "turn-over" aux postes d'inspecteurs de l'éducation nationale et préconise "de mettre un terme" à leur "succession" annuelle. 

Des affaires d'attouchements entre élèves

Avant de mettre fin à ses jours Christine Renon avait envoyé une lettre aux syndicats, à ses collègues et au rectorat expliquant son geste par la dégradation des conditions de travail et la perte de sens du métier, la solitude des directeurs, ou encore les réformes incessantes et contradictoires. 

Pour Marie-Hélène Plard, co-secrétaire départementale du syndicat Snuipp-FSU, ce rapport était très attendu par les membres de la profession.

"J’oserai dire que l’institution a été contrainte de le reconnaître. De toute façon, quand on fait le choix de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail, ce n’est pas anodin. Elle a quand même pris le temps d’écrire à ses collègues de Pantin, à son syndicat, à l’institution pour expliquer ce qui l’a conduit à mettre fin à ses jours. Elle pointe la dégradation des conditions de travail, la perte de sens du métier. C’était une nouvelle qui était très attendue de la profession. C’était très important pour nous que l’institution reconnaisse sa responsabilité dans le geste de Christine Renon", explique-t-elle.

Selon l'Inspection générale, l'enseignante aurait aussi été perturbée par une succession d'affaires d'attouchements entre enfants. "Trois affaires" de ce type ont eu lieu entre la rentrée et sa mort. Elle suggérait donc "que la formation des directeurs d'école aborde clairement ces questions déstabilisantes". 

Il y a un mois, la direction académique de Seine-Saint-Denis a reconnu que le décès de Christine Renon était imputable à son service pour les syndicats enseignants. La responsabilité de l'Éducation nationale dans le suicide de la directrice est enfin révélée.

Romain Poisot avec Guillaume Descours