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Pour dénoncer le racisme et l'homophobie, le journal Nice-matin publie les commentaires haineux de ses lecteurs

Le quotidien a publié certains commentaires haineux qui ont été postés cette semaine sous les photos de certains mariés.

C’est un article peu commun qu’a publié le quotidien Nice-Matin sur son site internet mercredi. Dans celui-ci titré: "Racisme, sexisme, homophobie... Certains de vos commentaires Facebook sous les photos des mariés du week-end à Nice sont vraiment ignobles", la rédaction a pointé du doigt les commentaires haineux qui ont été écris sous les photos des mariés du week-end à Nice. 

Ce type de commentaires qui apparaissent régulièrement sur le site a fini par exaspérer la rédaction qui explique que ceux de ce week-end ont été la "goutte d’eau qui a fait déborder le vase de notre écœurement". Le site a donc publié certains de ces commentaires en donnant le nom et le prénom ainsi que la ville où habite l’internaute qui l’a écrit. 

"On espère que ça fera avancer les choses même si c’est très compliqué. Je ne sais pas si on le fera de manière régulière à l’avenir, mais ça nous a fait réfléchir à ‘un arsenal’ qu’on va peut-être mettre en place pour prévenir les gens qu’on ne peut pas faire n’importe quoi et dire n’importe quoi sous prétexte qu’on est derrière un écran. Le problème, c’est qu’on se croit intouchable derrière un écran. Ce qu’on fait derrière un écran, comme ça a été fait dans cette affaire, est qu’on le ferait dans la rue ?", demande Philippe Holste, rédacteur en chef adjoint à Nice-Matin

Pas de suppression des commentaires 

Ce dernier a cependant affirmé que la rédaction n’envisageait pas de bloquer les commentaires sur son site ainsi que sur ses réseaux sociaux. "Ce serait une privation de liberté si on supprimait les commentaires", indique Philippe Holste.

Dans son article, le quotidien a également rappelé que l’injure est "l’injure est punie de 12.000 euros € d’amende lorsqu’elle est proférée par des discours, cris ou menaces dans des lieux publics, mais aussi lorsqu’elle est diffusée par écrit, dessin ou image. Si le caractère homophobe ou transphobe est retenu, la peine encourue est portée à six mois d’emprisonnement et 22.500 euros d’amende".

Guillaume Descours