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Sécurité, rechargement... les routes du futur veulent faire gagner du temps aux automobilistes

Alors que beaucoup de Français vont se déplacer en ce weekend pascal, Anthony Morel nous fait découvrir les routes du futur qui pourraient faire gagner beaucoup de temps et en sécurité aux automobilistes.

Sur l'autoroute, on pourra bientôt peut-être recharger sa voiture en roulant. On sait que l’un des plus gros freins à l’adoption des voitures électriques, c’est le problème de la recharge: trouver une station, passer du temps à attendre qu'elle se recharge. Demain, on aura ce qu’on pourrait appeler des routes à induction qui rechargent les voitures électriques pendant qu’elles roulent exactement comme certains téléphones portables aujourd’hui.

Des routes magnétiques

Les expérimentations se multiplient, avec différentes technologies. La dernière en date – et peut-être la plus alléchante - a lieu aux Etats-Unis, dans l’Indiana. Les chercheurs de l’université de Purdue vont expérimenter un asphalte magnétique, capable de recharger les voitures qui roulent à sa surface. Concrètement, on va mélanger du béton avec de la ferrite, un matériau conducteur d’électricité. On fait passer de l’électricité sous la route, les voitures, elles, sont équipées d’une plaque à induction placée sous le châssis… qui vont leur permettre de recevoir l’électricité pendant qu’elles roulent, les deux communiquent comme des aimants.

Maintenant, il faudra voir l’efficacité en conditions réelles. Il va falloir d’abord tester en laboratoire, puis sur une portion de route de 400 mètres avant de construire une section d’autoroute. Mais c’est une expérimentation parmi d’autres. Une entreprise israélienne, Electreon, est en pointe sur le sujet. Elle a déjà réussi à recharger une Renault Zoé sur une route spéciale qui utilise des bobines électriques intégrées au revêtement de la route. En France, Renault a testé ça sur une piste expérimentale à Versailles et en Corée du Sud certains bus se rechargent déjà en roulant grâce à ce principe d’induction.

Evidemment cela demande des efforts d’infrastructures: il faut charcuter les routes pour qu’elles s’adaptent et équiper les voitures pour qu’elles soient compatibles, mais les avantages potentiels sont énormes: gain de temps –plus besoin de recharger à l’arrêt-, gain de place –plus besoin de grosses batteries dans les véhicules- et plus de peur de tomber en rade au beau milieu d’un voyage.

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Des routes intelligentes anti-accidentogènes

Les routes de demain seront aussi intelligentes et permettront notamment d’éviter des accidents. Cela peut prendre des formes multiples dans le bitume même. Des marquages lumineux intégrés directement à l’asphalte, qui vont afficher des informations en temps réel au sol, une flèche verte entre votre voiture et celle de devant qui devient rouge si vous ne respectez pas les distances de sécurité par exemple. Ou encore une ligne blanche qui s’allume et qui s’éteint. on passe de deux à trois ou quatre voies, ce qui permet de fluidifier la circulation dans un sens.

Et puis les routes de demain seront capables de communiquer avec les voitures, qui seront de plus en plus connectées. Des capteurs intégrés dans le bitume, qui vont analyser les véhicules qui passent, le niveau de saturation, la déformation de la chaussée et renvoyer ces informations aux automobilistes pour estimer leur temps de trajet. Leur indiquer qu’il y a eu un freinage d’urgence quelques centaines de mètres plus loin et qu’il faut faire attention par exemple ou que la chaussée va être glissante à partir d’un endroit précis.

Des routes auto-réparantes

Fini les nids de poule Les routes de demain pourraient aussi cicatriser, un peu comme notre peau. Plusieurs universités travaillent sur la question, à Delft aux Pays-Bas et à Cardiff et Cambridge au Royaume-Uni. Les chercheurs ont mis un nouveau type de béton auto-réparant.

Dans le béton sont placées tout un tas de petites capsules qui contiennent des bactéries qui vont réagir à l’humidité. Dès que de l’eau s’infiltre dans l’asphalte  –ce qui signifie qu’il y a une fissure dans la route-, ces bactéries vont passer à l’action, se multiplier, et fabriquer une couche de calcaire, qui va refermer la plaie ouverte. Une technologie qui pourrait aussi être utilisée pour allonger la durée de vie des maisons et des immeubles. 

Anthony Morel (avec MM)