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Tony, battu à mort par son beau-père: "Il a vécu un calvaire et tout le monde savait"

Le petit Tony, 3 ans, est décédé en novembre 2016 sous les coups de son beau-père. Un voisin est mis en examen pour "non dénonciation de mauvais traitements sur mineur".

En novembre 2016, le petit Tony, 3 ans, mourrait sous les coups de son beau-père. Le petit garçon subissait des violences depuis au moins deux mois. Certains voisins étaient au courant mais n'ont pas fait de signalement. A l'initiative de l'association de protection des enfants "Innocence en danger", un voisin a été mis en examen pour "non-dénonciation de mauvais traitements sur mineur".

Me Marie Grimaud, avocate de l'association, était l'invitée de Bourdin Direct ce jeudi:

"Tony n'a pas vécu un calvaire sur deux ou trois jours, il a vécu un calvaire durant des semaines, au moins deux mois et demi. Tony, tout le monde le voyait, tout le monde l'entendait. C’est-à-dire que les trois voisins ainsi que l'ami proche que j'ai visé dans cette demande n'ont pas eu de doute. Ils le disent eux-mêmes: ils savaient. C’est-à-dire que quand vous entendez jour et nuit un enfant crier 'au secours', quand vous entendez les coups, quand vous voyez les traces sur le corps d'un enfant quand vous entendez un beau-père hurler et insulter un enfant, il faut réagir. C'est inadmissible et inacceptable de ne pas réagir dans de telles circonstances. Dès lors à partir du moment où une infraction et des éléments sont réunis dans un dossier, il faut poursuivre ces personnes. On parle quand même de non-assistance et de non-dénonciation".

"Il s'agit de rappeler ce que dit la loi"

Pour l'avocate, ces poursuites visent à sensibiliser: "En réalité, c'est le procureur de la République qui aurait dû poursuivre ces gens-là pour infraction. Je lui ai demandé de faire son travail. Son travail, c'est de rappeler qu'aujourd'hui en France, un enfant sur deux meurt sous les coups de ses proches et qu'un enfant sur deux pourrait être sauvé si l'entourage proche ou le voisinage intervenait dans cette situation. Ce n'est pas une note punitive. Il s'agit de rappeler ce que dit la loi. Je ne demande pas à ce que ces gens-là aillent 5 années en prison, je demande à ce qu'ils prennent conscience et qu'ils répondent devant une juridiction parce que c'est aussi l'œuvre pédagogique de la justice".

P.B.