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Un maire corse dépose plainte après des incendies pour "réveiller les consciences"

2.000 hectares ont été ravagés par les flammes

2.000 hectares ont été ravagés par les flammes - PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

Après vingt-sept départs de feu dans son secteur, le maire de Bigorno veut rompre "l'omerta". Christophe Graziani a déposé plainte pour incendie criminel. Pour l'édile de Haute-Corse, ces feux sont volontaires. Alors que les flammes viennent d'être stoppées, ce mardi 24 octobre,  Il témoigne pour RMC.fr.

Christophe Graziani est maire de Bigorno en Haute-Corse.

"A Bigorno, il n'y a pas eu grand chose, juste 8 hectares qui ont été parcourus par les flammes, en dehors du village, sur une crête qui mène à un massif. Les habitations n'ont pas été endommagées, c'est juste le maquis qui est parti en fumée.

J'ai porté plainte à la gendarmerie de Borgo pour réveiller les consciences et ne pas laisser cet acte impuni. J'ai porté plainte contre X parce que personne n'a vu les auteurs. J'ai incité les mairies durement touchées, en Balagne, à porter plainte également. Lorsqu'il y a des témoins, il faut qu'à l'avenir ils s'expriment et qu'on mette fin à ces incendiaires, qu'on puisse les attraper et les mette en prison. Les témoins n'osent pas parler parce qu'ici, tout le monde se connaît…

"Pour moi, c'est criminel"

Dimanche, il y a eu vingt-sept départs de feu rien que sur la Haute-Corse. On ne peut pas dire que ce sont des actes involontaires. 27 départs de feu! Pour moi, c'est criminel. Il y a eu des départs à 100m d'intervalle, en bordure de piste.

Pour prendre un exemple simple, les gros incendies qui ont touché cet été la région bastiaise, ont tous eu pour point de départ des routes départementales. Il n'y a pas de doute. Il y a des habitations menacées, des gens qui risquent de tout perdre, des pompiers qui mettent leur vie en danger. Il faut que cela cesse, c'est extrêmement dangereux.

"A nous de faire bouger les mentalités"

Il y a peut-être des écobuages mal maîtrisés, c'est une certitude, mais quand il y a une interdiction de la préfecture et surtout des alertes, c'est extrêmement risqué. Et il y a des gens qui sont des déséquilibrés mentaux. Dès qu'il y a du vent fort en Corse, il y a toujours des départs de feu.

Je suis jeune élu (il a 27 ans, ndlr), d'une nouvelle génération, et c'est à nous de faire bouger les mentalités. Les gendarmes se sentent démunis, ils sont en manque de moyens, ils ne peuvent pas quadriller l'ensemble de la Corse"..

Propos recueillis par Paul Conge