RMC

Violences à Calais: RMC à la rencontre des activistes de No Border

Un militant de No Border, à Calais (photo d'archives).

Un militant de No Border, à Calais (photo d'archives). - Philippe Huguen - AFP

RMC s'est rendue dans la jungle de Calais à la rencontre d'activistes de No Border, accusés par l'Intérieur de manipuler les migrants en les poussant à la violence contre la police. Des accusations qu'ils rejettent.

Le ministère de l'Intérieur les accuse de manipuler les migrants et d'être derrière les violences de ces derniers jours contre les policiers à Calais. Qui ? Les No Border, ces activistes d'ultra-gauche installés dans la jungle de Calais parmi les 6.000 migrants qui s'y entassent. Leur credo : la libre-circulation des individus et la mise à mort des frontières. Cette nébuleuse, dépourvue de structure, compte une dizaine de membres dans la jungle de Calais. Certains sont Français, d'autres sont des Européens de passage.

Dans la nuit de dimanche à lundi, 16 policiers avaient été très légèrement blessés lors de heurts avec environ 200 migrants et 11 policiers l'avaient été dans la nuit de lundi à mardi.

"Qu'ils sortent les preuves"

Pour trouver un membre des "No Border" il faut s'enfoncer dans la jungle, passer de nombreuses tentes plantées dans la boue. L'un d'eux accepte de parler à RMC, tout en préservant son anonymat. Il balaie les accusations qui pèsent contre eux. "Qu'ils sortent les preuves. C'est facile d'accuser, sortez-moi les preuves. Je serais content de savoir parce que moi j'étais tranquillement dans mon lit", assure-t-il d'un ton sec. "Évidemment ce n'est pas nous, les migrants sont assez grands pour s'organiser eux-mêmes".

A l'écouter, les violences des migrants, instrumentalisées ou non, sont de toute façon légitimes. "Il y a quelques personnes qui sont à bout, et qui ont débordé, oui. Mais on ne peut pas chasser les gens, les traiter comme des animaux et s'attendre à ce que tout se passe bien".

"Ils n'hésitent pas à aller à l'affrontement, c'est sûr"

Ici, les No Border n'ont pas mauvaise réputation. Claudine, bénévole auprès des migrants et réfugiés, les voit tous les jours et prend leur défense. "Ils sont une dizaine à Calais, et je vois mal dix garçons et filles dirent aux migrants de prendre des barres de fer pour aller à la bagarre. Ils n'hésitent pas à aller à l'affrontement, c'est sûr, mais ils n'ont pas besoin de se servir des migrants. Il y a des gens beaucoup plus dangereux que les No Border dans la jungle de Calais".

"On ne connaît pas leur identité"

Les policiers, sur place, eux, sont convaincus que les No Border étaient à la manœuvre lors des violences du début de semaine. Ludovic Hochart, du syndicat de police UNSA, explique: "On suppose qu'ils manipuleraient les migrants dans le but d'affronter les forces de l'ordre, voire créer une diversion afin de prendre d'assaut la rocade pour monter dans les camions pour la Grande Bretagne". "On ne connaît pas leur identité parce que quand ils sont interpellés, ils maintiennent une identité sous X", précise Gilles Debove, délégué du syndicat de policer SGP-FO dans le Nord. "Ce sont des jeunes. On sait qu'ils procèdent par roulements. Ils restent ici un petit mois, après ce sont d'autres qui viennent les relever".

Reste que depuis le début des violences, 700 CRS et policiers se sont postés aux abords de la jungle.

Philippe Gril avec Pierre Rigo