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Comment les villes du futur pourront réduire les embouteillages

Les villes du futur seront plus intelligentes et plus connectées. Le principe du smart cities, c'est d'injecter de l'intelligence avec des capteurs électroniques et des caméras, qui vont nous faciliter la vie.

Alors que le congrès des Maires s’ouvre ce mardi, on s’intéresse aux villes du futur. Elles seront plus intelligentes et plus connectées. A quoi ça va ressembler concrètement ?

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La notion de “smart city”, ça fait des années qu’on en parle, et les expérimentations se multiplient un peu partout en France. On peut citer le quartier de la Confluence à Lyon ou encore la ville d’Angers qui veut installer 50.000 capteurs électroniques dans les bâtiments, le mobilier urbain, les transports.

L’idée, c’est d’utiliser la puissance du numérique pour résoudre des problèmes très pratiques. Par exemple, pour baisser la consommation d’énergie. Des capteurs placés dans les lampadaires, comme à Toulouse qui s’éteignent quand il n’y a personne à éclairer et qui se rallument quand quelqu’un passe. Ils sont capables de détecter et de faire la différence entre une voiture, un piéton ou un cycliste. Ce qui permet de faire baisser drastiquement la facture électrique.

Des caméras intelligentes

Des bâtiments interconnectés d’un point de vue énergétique: on va utiliser la chaleur dégagée par les ordinateurs d’un data center pour chauffer une piscine municipale. Des capteurs intelligents vont analyser le taux de pollution de l’air et envoyer des alertes sur les smartphones des habitants pour optimiser le trajet en évitant les zones les plus polluées. Des places de parking intelligentes qui m’envoie une alerte sur mon smartphone quand elle est libre, ce qui évite de tourner à la recherche d’une place de stationnement.

Ou encore des caméras de surveillance intelligentes, capables de détecter aussi bien une agression qu’un colis suspect et de prévenir les forces de l’ordre, que de détecter automatiquement les défauts dans les canalisations d’égout pour éviter une fuite d’eau.

Est-ce qu’on a vraiment envie d’habiter dans une vie où tout est régenté par la technologie ? Sans compter le côté Big brother.

Une ville qui connaît mieux ses habitants, que ses habitants eux-mêmes ! Exemple caricatural, à Neom, projet de ville ultra futuriste en Arabie Saoudite, des caméras couplées à de l’IA qui détectent quand vous tombez et qui envoient un drone pour voir si vous avez besoin de secours.

Est-ce qu’on a vraiment envie de vivre comme ça ? Ce sont plus des rêves d’ingénieurs qu’autre chose. C’est ce qui explique que ces projets ne rencontrent pas toujours l’adhésion du grand public. Si ce sont des briques technologiques pratiques, oui, mais des villes entières bâties sur un fantasme technophile, c’est moins sûr.

J’ai en tête l’exemple de Songdo, en Corée du Sud, qui devait être la ville du futur. Construite au début des années 2000, pour 40 milliards d’euros, entièrement connectée et végétalisée. Aujourd’hui elle n’a réussi à n'attirer que 100.000 habitants sur 300.000 escomptés malgré de grosses incitations fiscales pour s’y installer.

Lutter contre les embouteillages

Là où le côté “intelligent” et connecté de ces villes pourrait être utile, c’est en nous permettant, par exemple, d’avoir moins d’embouteillages.

Par exemple, se servir d’algorithmes pour coordonner les feux de circulation de façon beaucoup plus efficace qu’aujourd’hui ou encore modéliser le trafic pour anticiper les embouteillages. On peut aller plus loin, avec par exemple des marquages au sol intelligents, qui évoluent en fonction de la circulation. Des routes et des trottoirs intelligents, dont les marquages au sol changent au cours de la journée pour s’adapter au trafic.

Plutôt que d’avoir des bandes blanches peintes sur le bitume, elles vont être remplacées par des diodes électroluminescentes blanches qu’on allume et qu’on éteint selon les besoins. On a par exemple une ligne blanche continue, on éteint quelques diodes, et on se retrouve avec une ligne discontinue. Et tout à coup, en heure de pointe, on passe de deux à trois voies, ce qui permet de fluidifier la circulation dans un sens ou de donner la priorité aux transports en commun en créant une voie de bus éphémère.

De la même manière, on va pouvoir transformer une place qui sert pour les livraisons le jour en place de stationnement la nuit. Créer des dépose-minute éphémères près des écoles le matin à l’heure de la rentrée des classes qu’on fait ensuite disparaître pendant la journée Tout ça pour permettre de décongestionner les centre-villes.

Anthony Morel