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Des gratte-ciels "anti-Covid" aux Etats-Unis: comment ça marche?

Aux Etats-Unis, on commence à voir apparaître des gratte-ciels "anti-Covid", conçus pour résister à de futures pandémies.

Les villes se réinventent en tirant les leçons de la crise sanitaire. Comme ce projet immobilier complètement fou à Miami, en Floride. La Legacy Tower, on pourrait la baptisée la tour anti-covid. 55 étages, 182 mètres de haut… Elle est en cours de construction et en gros l’idée, c’est une sorte de ville verticale en vase clos. En cas de pandémie et de confinement, vous avez tout à disposition sans avoir besoin de sortir de l’immeuble.

En plus des appartements et d’une partie pour les bureaux, on y trouve des magasins, des restaurants, un spa... Un centre médical de 10 étages intégré. On parle carrément d’un hôpital interne à l’immeuble avec bloc opératoire et respirateurs artificiels compris. Surtout, c’est le fantasme ultime de l’hypocondriaque. Système de ventilation ultra performant, des robots désinfecteurs qui circulent en permanence, et qui “aspergent” les murs de rayons UVC, qui détruisent 99% des bactéries et des virus...

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Tout se fait sans contact, l’entrée par reconnaissance faciale et les ascenseurs sont activés par la voix, histoire de ne pas avoir à toucher un seul bouton. Les premiers prix autour de 250 000 euros. La construction sera terminée en 2024. Ça fait un peu ghetto d’ultra riches qui veulent se préserver pendant que le monde brûle au-dehors, mais c’est l’un des plus gros projets immobiliers actuellement aux Etats-Unis, preuve qu’il y a un appétit pour ça.

L'architecture influencée par les épidémies?

C’est un exemple un peu extrême, mais est-ce qu’on peut imaginer que certaines de ces briques technologiques s’intègrent dans l’architecture de demain de manière plus générale ?

C’est un classique de l’histoire, l’architecture a toujours été ”inspirée” par les épidémies. Une grande partie des choix d’urbanisme à travers l’Histoire se sont faits pour des raisons de santé. Quand Haussmann rebâtit Paris en détruisant rues étroites et sinueuses, des immeubles insalubres et en construisant des grandes artères qui font respirer la ville et circuler l’air, et des égouts pour gérer les eaux usées, c’est entre autres pour assainir la capitale, dévastée par une épidémie de choléra en 1842. On pensait qu’il fallait faire respirer la ville.

La tuberculose au début du XXe a contribué au développement de l’architecture moderne avec des toits plats, des terrasses, des balcons, inspirés des sanatoriums, qui permettent de prendre le bon air et le soleil.

L’idée, ce serait aussi d’avoir des immeubles de plus en plus autosuffisants en matière de nourriture par exemple.

À la demande de Samsung, un groupe d’universitaires, de scientifiques et d’experts en technologie britanniques a tenté d’imaginer les villes dans 50 ans. Les villes, notamment, devraient beaucoup changer: après les gratte-ciel, on pourrait habiter dans des gratte-terre, des immeubles souterrains. Des gratte-ciel inversés, autrement dit, souterrains. Ces bâtiments pourraient produire localement leur propre nourriture. Ils seraient équipés d’immenses fermes souterraines, hydroponiques, éclairées par des lampes et capables de nourrir leurs habitants. Depuis le début de la crise, les architectes et urbanistes sont aussi obligés de prendre en compte la question de la densité et de réfléchir à la distance.

Anthony Morel