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Emmanuel Macron veut tripler l'amende pour harcèlement de rue: "C'est la clochardisation de la justice", tacle un syndicaliste policier

Le président de la République veut tripler l'amende pour harcèlement de rue. Mais pour un commissaire de police, remplacer des délits par des amendes ne fait que masquer "la clochardisation" de la justice.

Emmanuel Macron veut tripler l'amende pour harcèlement de rue. Le président de la République a annoncé lundi à Nice son intention de qualifier le harcèlement de rue de "délit", dans le cadre d'une future loi sur la sécurité (Lopmi), nouvelle loi, qui ne pourra être votée qu'après 2022.

Depuis 2018 et l'entrée en vigueur d'une loi, le harcèlement de rue peut-être passible d'une amende de 90 euros, pour des propos à connotations sexuelles, des commentaires sur le style vestimentaire, des sifflements ou encore des insultes sur la voie publique, alors que 81% des femmes assurent avoir été victime de harcèlement selon une récente étude Ipsos.

"C'est la politique du pauvre"

"On a des policiers parfois en civils qui permettent de constater des remarques déplacées et qui entraînent les verbalisations", assure Matthieu Valet, porte-parole du syndicat indépendant des commissaires de police alors que 3500 verbalisations pour harcèlement de rue ont été dressées en 3 ans. "Mais on pourra mettre toutes les verbalisations que l’on voit, la place de l’école et de l’éducation des parents est primordiale", ajoute-t-il, estimant que le problème se trouve surtout du côté des moyens octroyés à la justice.

"C'est la politique du pauvre : on remplace les délits par des amendes parce qu'on n'a plus assez d'argent pour faire face à toutes ces procédures à mener au niveau de la justice et parce que les magistrats n’ont plus le temps de tout traiter. Ce n’est pas l’intérêt général de la justice, c'est la clochardisation de la justice", déplore Matthieu Valet.

En plus du triplement de l'amende, Emmanuel Macron promet parallèlement de doubler la présence policière dédiée dans les transports en commun aux horaires où les agressions sont le plus constatées.

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Guillaume Dussourt