RMC

Et si on s'éclairait... avec des plantes

"C'EST CA LE PROGRES" - Des éclairages intelligents faits avec des plantes sont actuellement à l'étude. La technique s'appelle  la bioluminescence.

Une plante verte qui brille dans la nuit pour remplacer votre lampe de chevet. Et demain pourquoi pas des arbres lumineux pour remplacer les réverbères? Ça peut sembler complètement fou, et pourtant plusieurs projets, que ce soit d’une équipe d’ingénieurs du MIT ou d’une start-up française qui s’appelle Woodlight ou encore Aglaé. Ils sont parvenus à mettre au point des plantes luminescentes, qui brillent dans la nuit.

Certes pas comme une ampoule, là on a plus une lumière faible, ambiance intime, tamisée, on va dire, mais c’est un début. Pour ça, ils ont utilisé le phénomène de la bioluminescence, cette capacité qu'ont certains animaux, comme les lucioles, certains animaux des fonds marins aussi, à produire naturellement de la lumière. Plus spécifiquement, ils injectent aux plantes une solution contenant de la luciférase, l’enzyme qui permet aux lucioles de briller la nuit. La plante se transforme alors en une sorte de lampe vivante, qui diffuse une lumière jaune/vert, de basse intensité.

>> A LIRE AUSSI - Elle arrose pendant deux ans... une plante en plastique

Un peu limite pour lire un bouquin dans le noir, mais très utile pour les éclairages urbains, les pistes cyclables ou pour la décoration dans les hôtels, les salons. Ses inventeurs en sont certains, à terme, leur innovation aboutira sur des arbres lumineux qui pourraient remplacer l’éclairage public, sans électricité. On combine les envies des municipalités qui veulent de plus en plus de végétalisation, pour des raisons écologiques, et la production de lumière.

C’est autorisé ça? On parle quand même de plantes génétiquement modifiées.

Interdit en Europe pour l’instant, pas aux Etats-Unis. Mais il existe des alternatives. Une start-up française a eu une autre idée lumineuse: éclairer les centres-villes en utilisant des bactéries là encore, bioluminescentes. C’est l’idée d’une start-up qui s’appelle Glowee. En l’occurrence, il s’agirait de récupérer des bactéries qu’on trouve dans certains poissons des fonds marins, et qui ont la propriété de briller dans le noir.

De grosses économies d'énergie

Ces bactéries, on les enferme dans des petites capsules qu’on va ensuite intégrer à une vitrine de magasin ou à un lampadaire. Des sortes de mini aquariums dans lesquels ces bactéries vont vivre, se nourrir, se reproduire et surtout briller d’une lumière verte bleutée, beaucoup moins agressive qu’un lampadaire. Et vous voilà avec de la lumière qui n’a aucun coût écologique. Idéal notamment pour faire briller les vitrines de commerçants, qui n’ont plus le droit depuis 2013 d’allumer leur vitrine entre 1h et 7h du matin. Et ensuite, on peut imaginer remplacer l’éclairage urbain par cette lumière 100% naturelle. Ils ont commencé à équiper la ville de Rambouillet notamment.

Ça permettrait surtout de faire d’énormes économies d’éclairage public, une facture considérable pour les mairies.

C’est 12% de la consommation d’électricité française. Et un gros poste de dépense pour une municipalité, de l’ordre de 37%. Mais aussi pour les vitrines d’un commerce par exemple. Encore plus avec l’augmentation actuelle des prix de l’énergie. Donc si on peut produire de la lumière sans électricité, c’est évidemment tout bénéf.

Intéressant, aussi, pour lutter contre la pollution visuelle, car cette lumière est beaucoup moins agressive. Ça ne veut pas dire qu’on va remplacer l’éclairage électrique traditionnel, mais ça pourrait le compléter. Avec d’autres dispositifs, notamment des lampadaires qui s’allument seulement s’il y a du passage et s’éteignent automatiquement quand il n’y a personne. Capables d’ajuster leur luminosité automatiquement en fonction de la luminosité ambiante et du passage. 

Anthony Morel