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1400 artistes signent une tribune en soutien des "gilets jaunes": "C'est se servir de sa notoriété pour dire n’importe quoi"

Dans cette tribune publiée sur le site de Libération, et qu'ont notamment signé Juliette Binoche et Emmanuelle Béart, 1400 artistes et intellectuels affirment soutenir le mouvement.

Ils ont déjà reçu des soutiens d’artistes ou d’intellectuelsLes "gilets jaunes" ont reçu une nouvelle vague d’appuis avec une tribune publiée samedi sur le site Libération. Nommée "Gilets jaunes: nous ne sommes pas dupes!", elle est notamment signée par les comédiennes Juliette Binoche, Emmanuelle Béart. Au total, ce sont près de 1400 personnes qui ont signé cette pétition. 

À travers le texte, ils dénoncent notamment la répression lors des manifestations. "Rien ne justifie la mise en place d’un arsenal législatif dit “anticasseur” qui bafoue nos libertés fondamentales", écrivent-ils notamment. 

Alors n’est-il pas étonnant de voir des personnalités du milieu artistique et intellectuel soutenir le mouvement et même affirmer que "les ‘gilets jaunes’ c’est nous"?

Pour Etienne Liebig, tout le monde a le droit de soutenir le mouvement.

"Je ne comprends pas pourquoi on s’offusque que des artistes ou des intellectuels soutiennent le mouvement. Il faudrait absolument habiter à la campagne, gagner moins de 1200 euros, il faudrait absolument avoir un 4x4 et que ça coûte une fortune pour mettre de l’essence dedans... C’est quoi les critères pour avoir le droit de défendre les ‘gilets jaunes’?", demande-t-il. 

Un engagement tardif

Un avis qui ne convainc pas l’agriculteur Didier Giraud. "Se servir de sa notoriété pour dire n’importe quoi, à un moment donné ça ne sert à rien non plus", affirme-t-il. Il explique avoir plus de respect pour un artiste comme Francis Lalanne qui s’est engagé dès le début aux côtés des "gilets jaunes".

"Il était présent dès le début, il a fait les manifs, il a monté une liste... Je n’ai pas toujours été d’accord avec lui, mais au moins il est allé au bout de son idée", indique Didier Giraud. 

Outre la fin de la répression policière, la pétition réclame également une "démocratie plus directe, une plus grande justice sociale et fiscale", mais aussi "des mesures radicales face à l’état d’urgence écologique". 

Guillaume Descours