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Assaut à Saint-Denis: comment l'opération a été menée

Daniel Cerdan sur RMC

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INTERVIEW - Alors qu'un assaut était en cours à Saint-Denis dans le cadre des attentats de Paris de vendredi dernier, Daniel Cerdan, ancien du GIGN, est intervenu dans les Grandes Gueules de RMC pour expliquer aux auditeurs le déroulé d'une telle opération.

Cinq jours après les attentats à Paris qui ont fait 129 victimes et 352 blessés, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, assistée du RAID, de militaires, et de la brigade de recherche et d'intervention, mènent depuis mercredi matin une opération en plein coeur de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Une opération qui aurait fait deux morts du côté des terroristes et permis l'interpellation de sept suspects, placés en garde à vue. Daniel Cerdan, ancien membre du GIGN (Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale) était l'invité des Grandes Gueules pour expliquer l'opération en cours.

Comment agissent les hommes de la BRI (Brigade de recherches et d'intervention) et du Raid dans ce genre d'intervention?

"Lorsque vous rentrez dans un appartement, vous ne savez jamais qui vous allez avoir derrière la porte. Et le problème est que s'il faut évacuer des personnes, les portes des autres appartements sont peut-être fermées. Et s'il faut la faire sauter, de même, on ne sait jamais qui il y a derrière.

La fouille d'un immeuble ou d'un appartement est donc extrêmement compliquée et longue. Mais si les toits communiquent entre eux, c'est favorable aux forces de l'ordre car cela permet de créer une nasse fermée dans laquelle il faut à tout prix garder le(s) suspect(s).

Si l'assaut a débuté aux alentours de 04h20, il est certain que les forces de police étaient sur place depuis 02h00. Elles ont établi un périmètre de sécurité très large tout en étant extrêmement vigilants au moindre bruit car la nuit tous les sons sont décuplés et le moindre bruissement détecté peut mettre à mal l'assaut".

Quels sont les équipements embarqués sur place?

"A mon époque, au GIGN, nous avions près de 600 kilos de matériel parce que vous avez beau avoir une unité très musclée, forte physiquement, le matériel fait 80% de votre intervention. On a en besoin et c'est souvent du matériel très sophistiqué. C'est du matériel létal, des armements, des explosifs mais aussi du matériel permettant de mener des écoutes".

Comment se répartissent les rôles entre la BRI, le Raid et les militaires?

"Vous avez le développement de l'état d'urgence, c'est-à-dire que tout le monde est sur le pied de guerre. Les militaires sont là aussi pour montrer aux citoyens que le gouvernement a pris des mesures et qu'il est en train de les appliquer. Tant que l'immeuble ne sera pas fouillé dans les moindres recoins, on ne donnera pas l'autorisation aux gens de retourner à l'intérieur.

Il faut aussi souligner que si les militaires sont sur place c'est dans le cadre de l'opération Sentinelle, donc pour faire de la protection. Seules les forces de l'ordre interviennent, les militaires, eux, font de la sécurisation. Mais la présence de l'armée est essentielle pour aider la police dans un périmètre aussi large".